L’un des Secrétaires de la commission spéciale mixte s’oppose à la démarche du groupe. L’Honorable Cabral Libii a enflammé les travaux en commission par son discours. “Nous ne voulons pas d’une Constitution qui organise le pouvoir, nous voulons une Constitution qui protège le peuple.” a-t-il déclaré devant ses collègues en commission spéciale lors de la discussion sur la révision constitutionnelle. Lisons ensemble :

<<Mesdames et Messieurs, Chers
- collègues et homologues
parlementaires, Monsieur le Ministre d’Etat, représentant du
Gouvernement,
Nous sommes aujourd’hui dans à un moment historique qui tient la nation en haleine. Une révision constitutionnelle n’est jamais qu’un simple exercice juridique. C’est un miroir de notre démocratie. C’est une promesse faite au peuple. Mais encore faut-il que cette promesse ne soit pas une illusion. Car, disons-le avec clarté : ce projet de loi constitutionnelle apporte des changements… mais refuse le changement.
Oui, il introduit un Vice-Président. Mais à quoi sert une innovation si elle ne transforme rien ? Un Vice-Président nommé, c’est un citoyen sans peuple. Un pouvoir qui se nomme lui-même n’est pas une démocratie, c’est un cercle fermé.
Mesdames et Messieurs, chers collègues et homologues
parlementaires,
Le véritable problème de ce texte est simple. Il réorganise le sommet de l’Etat sans redistribuer le pouvoir. Le Président nomme. Le Président révoque. Le Président décide. Le comble, il crée l’éventualité de l’avènement d’un Président de la république et d’un Vice-président, tous deux non-élus. Car en effet, le Vice-président qui en cas de vacance du l’oublions jamais, le pouvoir ne se donne pas entre élites, il se reçoit du peuple.
Deuxièmement : limiter le pouvoir pour le rendre légitime.
Nous proposons une limitation stricte des mandats présidentiels. Un pouvoir sans limite finit toujours par dépasser les limites. Un mandat de 07 ans renouvelable une fois, voilà une réforme qui reflète les attentes du Peuple.
Troisièmement : lutter réellement contre la corruption.
La déclaration des biens doit être obligatoire, publique et sanctionnée.
La transparence n’est pas une option, c’est une exigence démocratique que la Constitution en soi doit remplir.
Quatrièmement: protéger la Constitution contre elle-même.
Certaines règles doivent être intouchables, notamment celles relatives à la limitation des mandats et aux droits fondamentaux. Une Constitution qui peut tout changer peut aussi tout détruire.
Mesdames et
parlementaires,
Messieurs, chers collègues et homologues
Le peuple camerounais n’attend pas une réforme cosmétique. Il attend une transformation réelle. Changer les mots sans changer le pouvoir, ce n’est pas réformer, c’est maquiller.
Nous ne voulons pas d’une Constitution qui organise le pouvoir, nous voulons une Constitution qui protège le peuple. L’histoire nous regarde.
Le peuple nous écoute. Et l’avenir nous jugera.
Alors ayons le courage de dire non à l’insuffisant, et oui à l’essentiel. Parce qu’une grande nation ne se construit pas sur des demi-réformes, mais sur des choix courageux.
Je vous remercie. CL.>>










