Joël la fleur : Artiste alimentaire ou amuseur public

Hymne au bâton de manioc qui constitue le cœur du dernier opus de ce jeune homme est révélateur d’une orientation musicale alimentaire.

La rédaction de Focus médias a été inondée de commentaires et autres coup de fil suite à la publication de: « http://www.focusmediaafrique.com/culture-la-consecration-de-la-mediocrite-la-betise-et-lidiotie-dans-le-show-biz/  » Le reproche fait est celui de classer Joel la fleur dans la même catégorie que Lil Barack et Lil Ngono. Si la rédaction est d’avis que le son ou le bip de cet artiste est acceptable , les paroles et les images d’habillages du projet de clip laissent à désirer. On dirait une chanson sans musique. Un avis que partage Junior KING ONDOUA , journaliste culturel « Pour gagner en visibilité, les artistes travaillent énormément sur leur image sur les différentes plateformes digitales légales ( Tik tok en tête de proue) chacun y va de sa démarche.

Le cas de l’artiste Joël La Fleur est assez atypique . Il gagnerait à s’entourer d’une équipe professionnelle pour son personal branding et celui de ses contenus. À cela revient l’éternel question : A-t-il les moyens financiers pour le faire ?
Au Cameroun, on aime bien faire avec les moyens de bord.
Et tout passe par la résolution du Statut de l’artiste au Cameroun.
Un processus qui semble encore loin d’être résolu par les artistes eux-mêmes et la tutelle étatique.
Les artistes n’hésitent pas à « teaser » leurs futurs clips en mettant des extraits vidéo sur leurs comptes sociaux officiels ( Tik tok, Facebook, Instagram, par exemple, pour tenir en haleine le public. À celà il faut ajouter des photos pour toucher les fans dans le monde entier. Et ça Joël l’a réussi , les statistiques montrent que son affaire de bâton de Manioc a upgrate (…) Mr Léo son confrère a fait le challenge
.

Le message est dans la continuité de sa chanson à succès ( Mibong..Minbé) la révision d’écriture de ces textes lui permettra de gagner en proximité avec ses fans, toutes origines confondues. En attendant d’y arriver ses sont les vendeuses de bâtons de manioc qui s’en réjouissent. >>

Joël La Fleur est la coqueluche de l’heure. Son opus est un hymne au bâton de manioc. L’homme a culotte jean destroy de couleur blanche est coutumier du fait. Son titre <<Mimbong Minbé>avait eu le même impact sur les mélomanes du terroir . La démarche<artistique>de Joël La Fleur divise les critiques d’art. L’immense majorité pense qu’il est un artiste alimentaire. Ses titres à succès portent sur le tubercule de manioc. Une créativité à tête chercheuse.

D’autres pensent plutôt que c’est un adepte du réalisme , une espèce de villageois qui vit avec son temps et le peint sans filtre. Le critique d’art Télesphore Mba Bizo en fait partie. Il soutient que le Cameroun se mire à partir de ses propres mots. L’homme de culture affirme que la chanson de Joël sur le bâton de manioc est critiquée à tort . Elle est la vitrine du vivre-ensemble linguistique «Le reproche lié à la défaillance de l’engagement musical devrait se taire de lui-même ici. L’artiste s’engage dans l’authenticité. L’alimentation est l’un des traits marquants de tous les peuples. Joël La Fleur chante les réalités de sa vie de tous les jours. Le bâton de manioc y est central. Les Camerounais, pour une fois, produisent ce qu’ils consomment. La chanson apporte une description jusque-là méconnue du bâton de manioc.
Douze nœuds doivent le composer pour qu’ils soient aux normes convenues dans le texte chanté. Joël La Fleur consomme le bâton dans les conditions d’antan. Il l’accompagne à l’huile rouge ainsi que le faisaient les ancêtres. L’artiste musicien avoue planer quand il mange de la sorte. Il se sent vraiment pousser les ailes. L’opus gagne le Petit dictionnaire sonore par cette pertinence historique. Le confort alimentaire des devanciers n’en demandait pas plus. Le bâton de manioc oint d’huile rouge aboutira aux Mintoumba dans d’autres sous-cultures. Le plus simple peut aussi être chic et charmant
« >>

Difficile de trancher ce débat qui fait des vagues sur la toile. La musique étant universelle, elle obéit à des canons et autres codes qui doivent être respectés par les praticiens fut-il villageois ou pas

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