Le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djibril, a lancé une alerte forte lors du discours d’ouverture de la session parlementaire du 10 juin 2025.

À moins de quatre mois de l’élection présidentielle camerounaise, les préoccupations autour de la CNI restent d’actualité. Le système censé moderniser et fluidifier la production des titres d’identité est aujourd’hui sévèrement critiqué, non seulement par les citoyens, mais désormais aussi par les représentants de la nation.
Le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djibril, a poussé un coup de gueule à ce sujet le 10 juin 2025, lors de la séance plénière d’ouverture de la session ordinaire du mois de juin. Il dénonce de sérieux dysfonctionnements dans plusieurs localités, notamment dans sa propre circonscription du Mayo-Sava. Malgré les multiples relances, les équipements et moyens promis par les autorités compétentes, y compris Elecam, n’ont toujours pas été déployés. Cette inertie soulève des interrogations graves quant à la capacité du système à garantir le droit d’identification à chaque citoyen, en particulier en période électorale.

« Je saisis d’ailleurs l’opportunité qui m’est ainsi offerte pour saluer à la fois cette importante instruction du Chef de l’État et le sens de l’innovation des autorités concernées. À ces dernières, j’adresse mes sincères félicitations. Grâce aux nouvelles mesures, se faire établir une carte nationale d’identité n’est plus un parcours du combattant. Tout n’est certainement pas encore finalisé. Selon nos sources, la mise en place du système se poursuit avec méthode. Mais les principaux mérites de ces nouvelles mesures résident dans la réduction des délais et dans la haute expertise avec laquelle se déroulent les opérations. Cependant, il est souhaitable que, dans la même mouvance, la nationalité camerounaise soit définitivement sécurisée », déclarait le très honorable président de la chambre basse du Parlement.
Le ton est tout aussi ferme chez d’autres élus. L’honorable Koupit Adamou, membre de l’Union Démocratique du Cameroun, s’est insurgé contre ce qu’il qualifie de dérives : délais rallongés, points d’enrôlement fermés, multiplication des déplacements vers les chefs-lieux et explosion des coûts. Un chaos administratif qui sape les fondements d’un processus électoral transparent et équitable. Les promesses d’efficacité faites lors du lancement du nouveau dispositif, notamment les 48 heures évoquées par le délégué général à la sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele, semblent bien loin de la réalité vécue sur le terrain.
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