Un Cabinet de Curiosité pour Habiter le Monde : L’Institut Français du Cameroun Ouvre l’Année du Tout-Monde

Un Cabinet de Curiosité pour Habiter le Monde : L’Institut Français du Cameroun Ouvre l’Année du Tout-Monde

La saison culturelle 2026 des Instituts français du Cameroun s’ouvre sous le signe de la Relation, du mouvement et de la pluralité, en écho vibrant à la pensée d’Édouard Glissant. Mais au cœur de cette programmation ambitieuse, un projet singulier attire déjà les regards et les esprits : un « Cabinet de curiosité » vivant, mouvant, interactif, qui incarne à lui seul l’esprit du « Tout-monde ».

Un espace vivant, un manifeste en action

Ce cabinet de curiosité, imaginé comme un laboratoire artistique et intellectuel, s’installe pour six mois au sein des Instituts français du Cameroun. Il ne s’agit pas d’une exposition figée, mais d’un espace en perpétuelle transformation, où les œuvres se font, se défont, se discutent et se vivent. Ici, le processus compte autant que le résultat. Le public est invité non seulement à observer, mais à participer, à interagir, à questionner.

« On veut montrer les choses en cours, montrer comment le travail d’un artiste, d’un penseur se fait », expliquent les organisateurs. Ce cabinet devient ainsi un lieu de friction fertile entre l’intime et le collectif, entre l’opacité revendiquée et la transparence du dialogue.

Dissake et Maurin : deux artistes pour une alchimie

À la tête de ce projet audacieux, deux artistes aux univers complémentaires : Jean Michel Dissake, plasticien camerounais reconnu pour ses installations organiques et poétiques, et Samantan Maurin, artiste sonore française explorant les textures de l’écoute et de la mémoire. Ensemble, ils orchestrent un espace où les disciplines se croisent, où les matériaux dialoguent, où les sons rencontrent les formes.

Le cabinet de curiosité devient ainsi un microcosme du Tout-monde : un lieu où les héritages se frottent aux devenirs, où les identités se tissent dans la Relation, où l’opacité n’est pas un obstacle mais une richesse.

Une invitation à l’imaginaire collectif

Dans un monde traversé par les crispations identitaires, les urgences écologiques et les mutations sociales, ce projet affirme la nécessité de cultiver des imaginaires nouveaux. Loin d’un musée poussiéreux, ce cabinet est un appel à l’action, à la réflexion, à la co-création. Il incarne la volonté de l’Institut français du Cameroun et du SCAC de ne pas se contenter de diffuser la culture, mais de la faire advenir avec les publics, dans un échange vivant et fécond.

« Tout est en mouvement, tout est en relation », rappelle la philosophie glissantienne qui irrigue cette saison. Et ce cabinet de curiosité en est la preuve tangible : un espace où l’on vient, revient, découvre, interroge, et surtout, où l’on participe à la fabrique du monde.

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