Manuella Sali : la voix toupouri qui questionne la beauté à travers l’objectif

Manuella Sali : la voix toupouri qui questionne la beauté à travers l’objectif

À 22 ans, la photographe camerounaise Manuella Sali s’impose comme une figure montante de l’art visuel. Lauréate du programme Cité 237 en 2026, elle explore les pratiques de dépigmentation de la peau, mêlant esthétique, mémoire et engagement social.

Une trajectoire fulgurante
Née en 2004 à Yaoundé, Manuella Sali découvre la photographie en 2019 grâce aux ateliers 4×4 de l’Institut français du Cameroun. Ancien modèle photo, elle choisit rapidement de passer derrière l’objectif pour développer une approche sensible et engagée de l’image.

Son travail prend véritablement son envol en 2021 avec Les 100 visages contre la COVID-19, une série exposée à l’Institut français du Cameroun. Elle enchaîne ensuite avec Woré, qui met en lumière les traditions du peuple toupouri, puis Nyanga, récompensée par le prix Best Women Photographer. En 2025, elle confirme son ascension en intégrant le programme Goethe Découverte dans la catégorie arts visuels.

Dépigmentation : un projet intime et politique
Avec Dépigmentation, Manuella Sali explore un phénomène complexe : les pratiques de dépigmentation de la peau. À travers ses clichés, elle interroge les normes de beauté héritées de l’histoire coloniale et les tensions entre désir d’acceptation et effacement de soi. Sa démarche associe photographie, recherche théorique et enquêtes de terrain, faisant de la peau un espace de mémoire et de résistance.

« Je veux que mes images soient des miroirs, qu’elles révèlent les blessures mais aussi la force des corps », confie-t-elle lors du Dîner de presse du lundi, 27 Avril 2026 à l’IFC de Yaounde

Une ouverture internationale
La résidence Cité 237 à Paris représente une étape décisive pour la photographe. Elle y prévoit d’approfondir le cadre théorique de son travail, de structurer un corpus visuel cohérent et de développer son langage artistique au contact d’un réseau international.

Avec son regard singulier, Manuella Sali incarne une nouvelle génération d’artistes camerounais qui, par l’image, défendent une vision du monde à la fois intime et universelle.

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