Affaire Belka Tobis et sa compagne: l’avocate Dominique Fousse prend la parole.Lisons:

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Plaidoyer pour celle qu’on a voulu effacer

Voici une femme qui n’a jamais compté ses heures, ni mesuré ses sacrifices.
Elle a aimé. Elle a donné. Elle a construit.
Trente années d’une vie offertes sans contrat, sans signature, sans protection écrite — mais avec une loyauté totale. Trente années à tenir un foyer, à élever des enfants qui n’étaient pas nés de son ventre mais qu’elle a portés dans son cœur. Trente années à croire que la fidélité morale vaut reconnaissance.
Elle n’a pas été épouse devant l’état civil, mais elle a été épouse dans les faits.
Elle n’a pas eu de livret de famille à son nom, mais elle a assuré la stabilité d’une famille.
Elle n’a pas exigé, elle a assumé.
Et que reçoit-elle en retour ?
Le mépris.
L’humiliation.
La violence.
L’expulsion.
Lorsqu’elle tombe malade, au lieu d’être protégée, elle est fragilisée davantage. Lorsqu’elle devient vulnérable, on la frappe. On la chasse. On la réduit à rien.
Mais une vie donnée ne devient pas néant parce qu’un homme le décide.
Ce que cette femme réclame n’est pas la charité.
Elle réclame la reconnaissance d’un engagement de fait.
Elle réclame justice pour le travail invisible accompli pendant trente ans.
Elle réclame protection contre la violence.
Elle réclame dignité.
Car derrière l’absence de mariage civil se cache une réalité incontestable : une communauté de vie, d’intérêts, de sacrifices et de contributions.
Peut-on exploiter trente ans de loyauté puis prétendre qu’il ne s’est rien passé ?
Peut-on bénéficier d’un soutien affectif, domestique, éducatif, économique — puis jeter celle qui l’a offert comme un objet usé ?
Non.
Le droit moderne reconnaît que la dignité humaine ne dépend pas d’un statut marital.
La violence conjugale — mariée ou non — reste une violence.
L’enrichissement injustifié demeure condamnable.
La contribution à la vie commune peut fonder des droits.
Cette femme n’est pas une victime passive.
Elle est la preuve que l’amour sans protection juridique peut devenir une zone de danger pour celles qui donnent tout.
Son combat dépasse son cas personnel.
Il concerne toutes celles qui vivent dans l’ombre du “presque mariage”.
Celles qui construisent sans titre.
Celles qui élèvent sans reconnaissance.
Celles qui vieillissent sans sécurité.
Aujourd’hui, elle ne demande pas qu’on lui rende sa jeunesse.
Elle demande que l’on reconnaisse sa valeur.
Que l’on protège son intégrité.
Que l’on répare l’injustice.
Car aimer ne doit jamais signifier s’effacer.
Donner ne doit jamais signifier disparaître.
Et trente années de loyauté ne peuvent se solder par un coup, une insulte et une porte claquée.
La justice, ici, n’est pas une faveur.
C’est une nécessité.

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