Le conflit qui oppose le Port Autonome de Douala (PAD) à la Société Générale de Surveillance (SGS) vient de franchir une nouvelle étape. Par une mise en demeure officielle, le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a exigé du Directeur Général du PAD le rétablissement immédiat de la SGS dans ses droits d’inspection par scanner.
Une éviction jugée illégale
À l’origine du différend, la décision du PAD d’écarter la SGS de ses sites de scanning au profit de la société TransAtlantic D.SA. Une initiative que le gouvernement considère comme contraire au Contrat d’Inspection par Scanner (CIS) signé entre l’État du Cameroun et la SGS.

Le Ministre des Finances rappelle que cette éviction ne constitue pas seulement un litige contractuel, mais un acte de désobéissance aux hautes directives de l’État. Plusieurs échéances sont mises en avant : le 22 janvier 2026, la Présidence de la République avait émis des prescriptions sur le sujet ; le 29 janvier, une réunion interministérielle sous l’égide du Premier Ministre avait défini la conduite à tenir ; et le 30 janvier, le Chef du Gouvernement avait instruit formellement la reprise des activités de la SGS.
Un blocage persistant
Malgré ces directives, le PAD n’a orienté aucun conteneur vers les sites de la SGS, paralysant l’exécution de son mandat. Le Ministre dénonce une « situation de confusion » qui affecte à la fois la mobilisation des recettes budgétaires et la fluidité du commerce extérieur.
La Direction Générale des Douanes (DGD) a, à titre transitoire, accepté d’exploiter les images fournies par TransAtlantic D.SA pour débloquer certains conteneurs. Mais cette solution provisoire ne saurait remplacer durablement le contrat d’État liant le Cameroun à la SGS.
Une injonction ferme mais ouverte au dialogue
Dans sa lettre, Louis Paul Motaze conclut sans ambiguïté : la SGS doit être rétablie dans l’intégralité de ses droits. Toutefois, le gouvernement se dit disposé à examiner les préoccupations du PAD, à condition que celles-ci ne retardent pas la reprise des activités.