Cameroun : Diktat extérieur sur le marché pharmaceutique locale

Cameroun : Diktat extérieur sur le marché pharmaceutique locale

Avec un taux d’industrialisation très faible, le pays importe l’essentiel de ses médicaments.



Exercée par les laboratoires pharmaceutiques et les sociétés de biotechnologie, cette industrie est l’une des plus prospères au monde. Mais très peu d’entreprises en Afrique y sont actives. Une situation qui impacte sur le prix exorbitant du médicament. Delor Magellan KAMSEU, le président de la ligue camerounaise des consommateurs, dénonce cette situation. Il précise que : « Pour le consommateur, le coût des médicaments est exorbitant. Le gouvernement doit favoriser la commercialisation des médicaments génériques à bon prix et appuyer substantiellement les producteurs locaux pour développer l’industrie, afin d’approvisionner le marché en quantité et en qualité ». Les autorités semblent faire la sourde d’oreille devant ce cri de détresse. Qu’est-ce qui peut justifier une telle attitude ?

Le poids inquiétant des importations médicales



Plusieurs intervenants sont impliqués dans le secteur santé : l’’Etat, les ménages et communautés, le privé et les partenaires extérieurs. Avec la chute de la CENAME, près de 40 % des médicaments que les Camerounais consomment sont issues de la contrefaçon. Pire, la balance d’importation est déficitaire. Joseph MBENG BOUM tire la sonnette d’alarme pour inverser la tendance car : « La priorité est donnée aux firmes multinationales externes. Nous consommons à peine 05% de ce qui est produit localement, le reste des 95% est importé et l’argent retourne dans ces pays. » Une situation qui n’encourage pas les fabricants locaux. A cela s’ajoute l’absence d’un environnement concurrentiel fiscal, légal, favorable à la compétitivité et à l’investissement. 

La refonte urgente du secteur, gage de survie  


L’industrie pharmaceutique camerounaise souffre de tous les maux, et elle a de la peine à décoller. Car le système national ne favorise pas l’offre locale. Il faut impérativement faire quelque chose sur le plan réglementaire avec une organisation plus structurée qui corrigera les manquements en systématisant la qualité. L’état embryonnaire de cette industrie impose à l’Etat un accompagnement à la hauteur des performances attendues. En effet, les initiatives à capitaux privés à elles seules, ne peuvent pas suffire à satisfaire la forte demande sans cesse croissante de la population.


Thierry EDJEGUE

Leave a comment

Send a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.