Cameroun : Flambée des prix autour des matériaux de construction

Cameroun : Flambée des prix autour des matériaux de construction

C’est le constat qui se dégage sur le terrain depuis de longs mois déjà, devant le regard passif  d’un régulateur  insensible aux cris de la population en souffrance.

Situation pas du tout aisée  pour le consommateur camerounais, confronté  comme il est en ce moment  et ce  depuis de longs mois, à une flambée des prix inexplicable sur le marché, ainsi que cela s’observe autour des matériaux de construction. Ciment,  fer à béton et autres matériaux font l’objet d’une augmentation sérieuse dans les différentes surfaces, au mépris de la réglémentation en vigueur en la matière, faite par le ministre du Commerce : «  Les prix sur le marché sont élevés. Ils augmentent tous les jours au vu et au su de tout le monde, mais personne ne fait rien pour ramener de l’ordre. Je parle du ministère du Commerce, qui passe son temps à donner des informations inexactes, sans aucune adéquation avec ce que nous vivons sur le terrain. Car, après  Janvier 2021, tous les prix ont augmenté. Ce n’est pas une affaire d’aujourd’hui », précise R. Ongolo, Architecte à Yaoundé.

Une flambée des prix réelle sur le terrain donc, qui diffère d’une enseigne à l’autre, d’une ville à l’autre. A Yaoundé par exemple, un sac de ciment  coûte  désormais entre 4800 FCFA et 5000 FCFA en fonction des surfaces de distribution, alors  qu’il se situait à 4500 FCFA en Janvier 2021.  Le fer à béton quand à lui varie selon les  tailles.  Le fer dit de  « 6 » est passé de 1200 FCFA à 1750 FCFA, celui de « 8 » a connu une augmentation de 500 FCFA , passant de 2700 FCFA à 3200 FCFA, tandis que celui de « 10 »  est parti de 3800 FCFA à  4500 FCFA. De son côté, le fer de  « 12 » se vend désormais à 6500 FCFA au lieu de 4500FCFA, soit une augmentation de 2000 FCFA.

Une réalité qui vient prendre le contre pied d’un ministre du Commerce, très porté dans le spectacle, avec des déclarations qui semblent s’éloigner de plus en plus de la réalité sur le terrain, un peu comme ce fut le cas en Avril 2021. Période au cours de laquelle, il affirmait sans ambages qu’il n’y avait pas d’augmentation des prix sur le marché, et qu’il n y en aurait pas du tout au cours des mois qui allaient suivre. Une assurance veine, qui porte au goût du jour, le niveau d’attention que les gouvernants accordent aux cris de leurs populations, régulièrement mises à rude épreuve du quotidien. «  Quand on écoute parfois ce ministre parler, on a l’impression que nous ne vivons pas dans le même pays. Régulièrement, il vient nous porter un discours qui ne correspond presque pas à la réalité », dénonce Nicolas Bindzi, habitant à Yaoundé.

Le Cameroun regorge pourtant d’énormes potentiels dans le domaine. La filière  métallurgie – sidérurgie est quand même l’une des rares à pouvoir se vanter de  satisfaire la demande locale qui se chiffre à 180 000 tonnes de fer à béton par an, contre une production de 26000 tonnes chaqu’année. En 2021, cette production devrait s’accroitre de 100 000 tonnes supplémentaires, grâce à la mise en place d’une nouvelle usine dans la zone industrielle de Douala – Bassa.

Pour ce qui est du ciment, plusieurs opérateurs ont obtenu des licences dans le secteur. En plus des Cimenteries du Cameroun (CIMENCAM) dont la capacité de production est de 2,5 millions de tonnes annuelles, on y retrouve le nigérian Dangote qui produit 1,5millions de tonnes l’an, le Turc Eren produit 600 000 tonnes/ an, le marocain, avec ses 500 000 tonnes / an. Une multiplicité d’acteurs dans la filière, dont la libéralisation devrait pouvoir assurer la compétitivité avec des prix concurrentiels sur le marché, au bénéfice du consommateur. Au lieu de cela, on assiste plutôt à un durcissement des prix sur le marché, au détriment du consommateur pratiquement étranglé, devant un silence coupable du régulateur.

 Christian Essimi

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