Cameroun : Marie Flore MBOUSSI Vole Au Secours Des Enfants Maltraités, Des Handicapés, Des Orphelins, Des Femmes Et Des Filles En Difficulté.

Cameroun : Marie Flore MBOUSSI Vole Au Secours Des Enfants Maltraités, Des Handicapés, Des Orphelins, Des Femmes Et Des Filles En Difficulté.

Dans un entretien accordé à FOCUS MEDIA AFRIQUE, la militante MRC Marie Flore MBOUSSI, par ailleurs secrétaire nationale en charge de l’enfant et des affaires sociales du MRC, a annoncé pour les prochains jours, le début des activités de son association CEFAS (Cellule en charge de l’Enfant, de la Femme et des Affaires Sociales). Elle est revenue également sur l’actualité politique de son parti et particulier, et du Cameroun en général.

FMA : Marie Flore MBOUSSI bonjour !

MFM : Bonjour Focus Média Afrique !

FMA : Vous êtes à l’initiative de la cellule en charge de l’enfant, de la femme et des affaires sociales (CEFAS).

Dites-nous de quoi il s’agit concrètement, et quels sont ses objectifs.

MFM : La Cellule en charge de l’Enfant, de la Femme et des Affaires Sociales (CEFAS) est née d’un souci d’avoir un plus large champ d’expression.

C’est une association qui a pour objet, l’encadrement des enfants maltraités, handicapés et orphelins ; l’encadrement des femmes et filles en difficulté, non scolarisées et victimes de violences de toute nature ; l’encadrement des personnes handicapées et des personnes du troisième âge ; et l’encadrement de toutes autres personnes démunies, sur l’ensemble du territoire national.

C’est une association qui est une extension du poste que j’occupe au sein du MRC.

FMA : Vous êtes également secrétaire nationale en charge de l’enfant et des affaires sociales (SENAFEAS) du MRC, nommée par votre président national depuis le 20 septembre dernier.

Quel est en ce jour votre bilan à la tête de cette cellule ?

MFM :  j’occupe ce poste depuis maintenant deux mois au sein du MRC, il était préalablement question d’asseoir une stratégie efficiente de déploiement et d’étudier de fond en comble le terrain sur lequel je vais dorénavant évoluer. C’est ainsi que j’ai passé ces deux premiers mois à faire un état des lieux général sur la situation des femmes, des enfants et des Affaires sociales au Cameroun

 Cet état des lieux fera l’objet d’un document stratégique, en cours de finalisation, qui constituera mon plan d’action dans un avenir très proche. J’estime que toute action doit être minutieusement pensée avant d’être concrétisée.

FMA : Il y a quelques jours, les femmes de votre parti politique ont manifesté à moitié nue, pour réclamer la libération de votre président national assigné à résidence depuis le 21 septembre.

Beaucoup estime qu’il s’agit d’une instrumentalisation des femmes par votre parti politique. Que pensez-vous de cette affirmation ?

MFM : Qu’elle est sans valeur !

C’est une volonté permanente d’infantiliser les camerounais même quand ils ont l’âge respectable des mamans qui ont manifesté nues ce jour-là.

D’une manière générale, étant donné que sur la scène politique camerounaise actuelle, le MRC est le seul parti à revendiquer avec fermeté le respect des droits des camerounais ; dès que des citoyens revendiqueront légitimement plus de respect, ils seront accusés d’être instrumentalisés par le MRC.

Vous confirmerez cette stratégie avec ce qui arrive aux avocats pour ne citer qu’eux.

Que vos lecteurs et le peuple camerounais ne se laissent pas tromper et donnent à ce genre d’affirmations l’importance qu’elles méritent, à savoir aucune.

Ceux qui ont à revendiquer doivent le faire sans entrave. C’est un principe démocratique et c’est la raison d’être de notre engagement.

FMA : Pensez-vous Marie Flore MBOUSSI, que cette façon de revendiquer une cause par les femmes est normale ? N’y a-t-il pas d’autres moyens de se faire entendre ?

MFM : Personne n’a jamais prétendu que c’était le seul moyen, mais c’est celui qu’elles ont librement choisi. À leur âge, on peut au moins leur accorder cette liberté de choix.

Et parlant de ce qui est normal, je vous invite à questionner les causes beaucoup plus que les conséquences. Est-il normal de séquestrer un citoyen hors de toute procédure légale ? Est-il normal de kidnapper des responsables politiques et les jeter en cellule et en prison pour ensuite chercher un motif ? Est-il normal d’appliquer une torture d’État alors que le Cameroun a ratifié tous les traités interdisant cela ?

Je peux continuer toute la journée mais je m’arrête là en vous rappelant que des sources de questionnement quant à la normalité dans notre pays, il y’en a malheureusement à en revendre.

Pour finir, je vous invite humblement, vous, hommes de médias, contrepouvoir ou quatrième pouvoir, à pleinement jouer votre rôle d’investigation (en profondeur donc) et de révélateur de la vérité.

FMA : Maître AWASUM MISPA qui était à l’initiative de cette manifestation, avait été arrêtée, condamnée à 6 mois de prison, puis relâchée juste quelques jours après.

Qu’est ce qui peut expliquer ce rétropédalage de la justice camerounaise ?

MFM : Elle n’avait pas encore été condamnée mais était sous le coup d’un mandat de détention provisoire de 6 mois renouvelable une seule fois.

Des rétropédalages on en a connu en 2019, avec l’arrêt des poursuites inexpliqué à l’encontre du leader et certains militants du MRC, après 9 mois de détention provisoire. C’est ce qui arrive quand une justice est pieds et poings liés, quand elle est contrôlée et manipulée par le pouvoir exécutif, quand elle est en contradiction avec les lois qui la régissent. La vérité c’est que la justice camerounaise est devenue partisane, destructive, stupide et inutile.

FMA : Depuis le 21 septembre dernier, votre président national est assigné à résidence. Le MRC arrive-t-il encore à mener correctement ses activités en l’absence de son président national ?

MFM : Le MRC a des vice-présidents, des secrétaires nationaux, des régionaux, des départementaux etc, qui assurent très bien l’intérim sur le terrain de nos activités politiques en l’absence de notre leader.

Au MRC, le pouvoir n’est pas concentré entre les mains d’une seule personne, raison pour laquelle nos activités ne seront jamais en arrêt malgré les manœuvres d’affaiblissement utilisés par nos adversaires.

FMA : Pourquoi face à cette séquestration de votre président national, on ne voit pas les militants se lever en masse pour demander sa libération ?

Rappelons qu’il y a quelques mois, une marée humaine suivait son cortège lors de son passage à Douala, Bafoussam et même Yaoundé. Ce désintéressement de la population face à la situation de votre président ne traduit-il pas le fait que votre parti soit en train de perdre en visibilité ?

MFM : Les sympathisants et militants du Président élu Maurice Kamto ne se désintéressent aucunement de sa situation de séquestration illégale. Si vous réécoutez son discours du 24 août 2020 relativement à l’annonce d’une manifestation d’envergure en cas de convocation du corps électoral, vous vous rendrez compte qu’il a mis l’accent sur le déclenchement du départ de Monsieur Biya du pouvoir. Le principal objectif de notre leader n’est pas sa propre libération mais celle du Cameroun tout entier en faisant chuter le régime dictatorial qui sévit actuellement.

C’est parce que nous en sommes conscients, que nous restons focus sur une mobilisation populaire pour chasser purement et simplement Paul Biya du pouvoir, qu’il occupe de façon illégitime depuis 2018, sachant qu’il ne peut plus rien apporter au Cameroun et aux camerounais.

FMA :  le 3 décembre prochain sera la journée internationale des personnes handicapées, et elle marque également le début effectif des activités de la CEFAS.

À quoi devons-nous nous attendre concrètement ?

MFM : La Cellule en charge de l’Enfant, de la Femme et des Affaires Sociales (CEFAS) va se mobiliser pour apporter son modeste soutien aux personnes handicapées. Il s’agira principalement de visiter des centres privés pour handicapés, échanger avec les responsables desdits centres, mais principalement avec les personnes handicapées elles-mêmes (parce que j’estime qu’on ne les écoute pas assez et on ne prend pas toujours en compte leurs revendications), opérer déjà une véritable prise de contact, parce que vous savez nous prenons encore nos marques dans le milieu. Plusieurs petites activités, que nous préférons garder secrètes pour l’instant, seront également à l’ordre du jour parallèlement.

FMA : Comment devenir membre de cette cellule ?

MFM : L’accès à mon association est assez libre. Je tiens à préciser que cette association est à but non lucratif et caritatif.

Au sein de la CEFAS il y’a 3 types de membres :

 Des membres d’honneur, qui sont généralement des experts dans des domaines qui sont en parfaites symbiose avec les buts de notre association (exemple : psychologue pour enfants…) ; des membres bienfaiteurs qui sont les plus gros donateurs de l’association ; les membres adhérents ; et enfin les bénévoles qui interviennent de façon intermittente pour des prestations bien précises au sein de l’association (aider à organiser un événement par exemple…).

Voilà en résumé ce que je peux dire sur les types d’adhésion au sein de mon association.

FMA : Marie Flore MBOUSSI, merci d’avoir répondu aux questions de FOCUS MEDIA AFRIQUE !

MFM : C’est moi qui vous remercie pour la tribune offerte.

Entretien mené par Gilles Noubissie

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