Economie : Bouffée d’oxygène pour le riz Camerounais

Economie : Bouffée d’oxygène pour le riz Camerounais

Le riz de Yagoua vient d’obtenir le 4e prix pierre castel.

 C’est dans un contexte difficile où ce céréale apparait clairement comme « sacrifié », au grand profit des produits importés. Pourtant, des efforts sont faits sur le plan local et encouragés sur le plan international pour sortir le secteur de l’ornière, à l’instar du prix Pierre Castel qui vient de primer AHMADOU et sa coopérative. Tournés vers la production, la transformation et la commercialisation du riz made in Cameroon, ils ont reçu le 4ème prix Pierre Castel.

Une reconnaissance qui pour autant ne suffit pas à elle seule à porter le secteur vers le haut . Car, malgré ces quelques initiatives,  le  Cameroun a mal à son riz.

 Le pays  faut-il le rappeler,  a des besoins nationaux annuels estimés à près de 577.000 tonnes,  pour une production moyenne nationale estimée à 140.710 tonnes, soit un déficit d’environ 436.239 tonnes largement comblé voir étouffé par les 803.505  tonnes de riz importés.

 Le pays décidait pourtant en 2020 de « la constitution d’un stock de sécurité de 200.000 tonnes de riz en exonération totale des droits et taxes de douane à l’importation, à l’effet de couvrir les besoins du marché national pour le reste de l’année 2020 ».

Une situation qui n’est pas pour faire le bonheur des producteurs locaux qui ne désespèrent pas et  se battent pour exister, cherchant le bon bout à tenir et surtout comment faire  pour développer la filière.

 Une lutte qui doit braver les échecs de  Nanga Eboko, le site desormais sinistré de  Ndop, les difficultés d’Agropole riz dans les Bamboutos, les réalités que vivent les initiatives de production du riz à Bandjock, Tonga et Foumbot.

Un soutien significatif

Ainsi, après les chips plantains de Delors LEUWING NGOUNOUO primés en 2020, dans le cadre du même prix, c’est au tour du riz de Yagoua de bénéficier de la reconnaissance de cette compétition qui vise à accompagner les jeunes entrepreneurs africains, âgés entre 18 et 45 ans, qui s’illustrent dans les domaines de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de l’agri Tech et  de l’agro-ressource. Des filières présentées comme à forte valeur ajoutée et facteurs de réduction de la pauvreté sur le continent africain.

AHMADOU et la coopérative TPA qui regroupe 300 producteurs et commercialise 25.000 tonnes de riz par an bénéficient, à travers le quatrième prix Pierre Castel, de 15 000 euros soit 10 millions de FCFA, d’un mentorat, d’un accompagnement personnalisé avec l’institut Européen de coopération et de développement, et une formation d’un an en entreprenariat.

Il faut relever que le Gouvernement camerounais annonçait fin 2020 via le Ministère de l’agriculture, un programme en cours d’exécution d’aménagement de 35.700 hectares supplémentaires de périmètre hydroagricole. Mesure qui permettrait la mise sur le marché d’au moins 350.000 tonnes de riz blanchi à l’horizon 2023. C’est peut-être là un début de solution.  

Rolande AGONG

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