Environnement : Les journalistes formés sur la problématique de la conversion des forets

Environnement : Les journalistes formés sur la problématique de la conversion des forets

C’était du 25 au 27 Mai 2021 dans l’arrondissement de Campo, département de l’Océan, région du Sud, à l’initiative commune du SAILD et de la Fondation FRIEDRICH EBERT.

 Ils ont bravé la distance, défié l’état piteux de la route, afin de prendre part, dans les localités d’Ebodje et de Campo à un atelier de formation tenu du 25 au 27 Mai 2021, avec pour propos majeur, les investigations journalistes sur la problématique de la conversion des forêts. Un séjour important, dont la pertinence trouve réponse dans la gouvernance contestable actuelle des ressources forestières, contre laquelle, se mobilisent au quotidien les hommes et femmes de médias, auprès de qui, l’échos des voix tourmentées qui parvient des profondeurs de ces forêts a  trouvé résonnance positive, ainsi que le relevait à l’ouverture des travaux,  Stéphanie Njiomo, responsable climat à la fondation Friedrich Ebert :  « La question de la gestion des forêts camerounaises est importante à nos yeux, voilà pourquoi, nous avons pensé nécessaire qu’il faille intéresser les médias à cette cause, afin que le plaidoyer soit porté à un très haut niveau d’écoute et de sensibilisation. »

Le déroulement de la formation Théorique à Ebodje

Une démarche dont la lisibilité a été effective durant les trois jours qui auront ponctué cette formation à la fois théorique et pratique, organisée grâce à l’initiative commune du SAILD et de la fondation Friedrich Ebert sur deux sites aux symboles marquants.

D’abord Ebodje. Petit village tranquille situé à 25 kilomètres de Campo, qui aura gratifié la quinzaine des journalistes présents, de son plus bel atout naturel : sa plage qui s’étend à perte à l’horizon, dont la quiétude naturelle et l’air frais de sa forêt ont permis aux hommes de médias de travailler dans les conditions les plus reposantes. Premier périple d’un long voyage, les Journalistes ici se sont familiarisés aux différents outils d’analyse, d’information, et de compréhension sur la problématique de la conversion des forêts dans le département de l’Océan et même en dehors. Deux jours de formation en salle, ponctués de présentation power point et d’échanges divers, qui ont permis de faire le tour des cinq grands exposés qui ont marqué cette séquence.

Ce qui a ouvert par la suite, la voie à une descente sur le terrain du coté de Campo, question de vivre au plus près la détresse d’une population délaissée et méprisée, du fait des actions quasi illégales, sans autorisation formelle à faire valoir, que mène l’entreprise CAMVERT, en termes des coupes illicites du bois, pourtant à la base, venue pour pratiquer de l’agriculture. « Au départ, ils sont arrivés disant qu’ils ont besoin de 60 000 hectares pour pratiquer l’agriculture, notamment la culture du palmier à huile. Aujourd’hui, on les retrouve dans nos forêts en train de faire des coupes de bois. Aujourd’hui, on ne sait plus quoi faire », explique sa majesté Jean René Mbili, chef de village de Nazareth.

Akak et Ebodje : Deux villages plongés dans le désarroi

C’est en effet après une pluie battante que les hommes et femmes des médias sont arrivés D’abord à Akak, à une vingtaine de kilomètres après l’arrondissement de Campo, puis à Nazareth, situé à près de quarante kilomètres. Sur les deux sites, la situation est préoccupante : Forêts sacrées détruites, écosystèmes endommagés, champs détruits par les pachydermes, coupes illégales du bois entamées sur près de deux hectares par l’entreprise CAMVERT, la liste des dommages est aussi longue que le bras d’une main. Les populations appellent au secours, pour sauver ce qui peut encore l’être de leurs forêts : « Nous sommes dépassés, nous n’avons plus rien à manger. Les éléphants détruisent tous nos champs. Il n’y a plus rien ici à Nazareth. Les populations ne savent plus quoi faire. Depuis que CAMVERT a commencé à exploiter nos forêts, les éléphants partent de leurs habitats naturels détruits, pour se réfugier dans nos petits champs pour se nourrir. Et on ne peut pas les tuer. Le gouvernement ne fait rien pour nous aider. A cette allure, on n’aura plus rien ici. Et ce sont nos villages qui seront détruits. Il faut faire quelques choses pour nous », déclare sa majesté Jean René Mbili.

Au-delà des dommages énumérés, l’une des curiosités de cette situation est le fait que l’Etat ait décidé de sortir de son domaine privé, une forte pour exploitation, en marge de la réglementation en vigueur en la matière, et de la procédure de déclassement édictée par les textes.

 Christian Essimi

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