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Éric Gervais Ndo face à la discipline du RDPC : une candidature sous tension

L’élection d’Éric Gervais Ndo à la tête du Conseil Régional du Sud continue de faire des vagues au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Haut cadre de la Douane camerounaise et militant du parti au pouvoir, M. Ndo est convoqué ce 22 janvier devant la Commission de Discipline du RDPC à Yaoundé. Il est accusé de rébellion, d’insubordination et de non-respect des très hautes instructions du Parti.

Les faits remontent à son élection controversée à la présidence du Conseil Régional du Sud. Selon des sources internes au RDPC, le Comité Central avait désigné Bikoro Alo’o comme candidat officiel, une décision transmise par le Pr Jacques Fame Ndongo, président de la Commission Permanente Régionale du Parti pour le Sud. Pourtant, après une première élection validant ce choix, des protestations ont conduit à une reprise du scrutin, au terme de laquelle Éric Gervais Ndo a été élu.

Ce revirement a été perçu comme un affront direct aux directives du Parti. Pour les instances dirigeantes du RDPC, il s’agit d’un cas manifeste de défiance à l’autorité, une entorse grave aux principes de discipline et de loyauté qui régissent le fonctionnement interne du mouvement.

« Le RDPC est un parti de rigueur et de respect des consignes. Ceux qui s’en écartent s’exposent à des sanctions exemplaires », confie un cadre du Comité Central sous anonymat. Radiations, suspensions ou incitations à la démission sont autant de mesures déjà appliquées dans des cas similaires.

La situation d’Éric Gervais Ndo est d’autant plus délicate que sa prestation de serment en tant que nouveau président du Conseil Régional du Sud est prévue pour le 23 janvier à Ebolowa, soit au lendemain de son passage devant les juges disciplinaires du Parti. Une coïncidence de calendrier qui place le RDPC face à un dilemme politique et institutionnel.

Alors que les regards sont tournés vers Yaoundé, l’élu du peuple demande à ses militants de garder le silence, une question demeure : le RDPC choisira-t-il de faire un exemple ou de préserver l’équilibre régional au nom de la stabilité politique ? Réponse dans les prochains jours.

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