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FÉMINICIDES AU CAMEROUN : UNE SOIRÉE DE « FEMMAGE » POUR NE PAS OUBLIER

Le mot « féminicide » résonne de plus en plus au Cameroun, porté par une recrudescence alarmante des crimes commis contre les femmes et les filles. Face à cette tragédie, le Réseau des Jeunes Féministes d’Afrique Centrale (REJEFEMAC), en partenariat avec le collectif Stop Féminicides 237, a organisé une soirée de « femmage » le samedi 29 août au quartier Omnisport à Yaoundé, en mémoire de toutes celles qui ont été brutalement arrachées à la vie.

Une mobilisation empreinte d’émotion et de dignité

L’atmosphère était particulièrement lourde d’émotion lors de cet événement, qui a vu la participation des familles de près de huit victimes. Ayant fait le déplacement pour honorer la mémoire de ces femmes et filles disparues dont le triste décompte rappelle l’urgence de la situation les proches n’ont pas manqué de souligner la douleur intolérable de l’absence, tout en clamant haut et fort leur soif de justice.

« Nous ne sommes pas seulement ici pour pleurer nos sœurs, mais pour exiger des comptes. Chaque féminicide est un échec collectif et un signal d’alarme que l’État ne peut plus ignorer », a martelé NWOES Renée membre du réseau des Jeunes Féministes d’Afrique Centrale (REJEFEMAC) soulignant la nécessité de renforcer l’arsenal juridique et l’accompagnement des victimes au Cameroun.

La cérémonie a débuté par la définition du concept de « femmage » et la lecture d’un listing recensant les cas de féminicides enregistrés.

Un plaidoyer unanime des leaders religieux

Un moment fort de la soirée a été le culte œcuménique dirigé conjointement par un imam et une pasteure. S’appuyant tour à tour sur le Coran et la Bible, les religieux ont vigoureusement dénoncé ce fléau :

Recueillement, témoignages et solidarité

Après une présentation détaillée de plusieurs cas de féminicides, l’assistance s’est recueillie : des bougies ont été allumées et une minute de silence a été observée en mémoire de chacune des victimes.

La soirée s’est achevée par des témoignages poignants de parents endeuillés :

« Perdre ma sœur de cette façon est une douleur qui ne s’effacera jamais. Mais savoir que nous ne sommes pas seuls, et que son nom ne sera pas oublié, nous donne la force de continuer à nous battre pour que justice soit rendue », a témoigné, la voix émue, Silabe Poro Eve sœur d’une des victimes.

Exprimant leur profonde reconnaissance face à la solidarité et à la compassion manifestées à leur égard, les familles ont également reçu les portraits de leurs proches de regrettée mémoire, perpétuant ainsi leur souvenir au-delà de cette tragique disparition.

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