Gouvernance : Un système éducatif désuet et peu compétitif

Gouvernance : Un système éducatif désuet et peu compétitif

Le Cameroun ne parvient toujours pas à mettre en place un modèle adéquat et efficace pour faciliter l’insertion professionnelle des ex-apprenants.

Le chômage ambiant qui frappe près 30% des jeunes de moins de 35 ans, de surcroit 80% de ceux qui travaillent croulent sous le joug d’emplois indécents, d’après le Bureau International du Travail (BIT). L’une des raisons fondamentales à cet état de fait est dû, selon de nombreux experts à l’inadéquation ou alors l’inadaptation des différentes formations aux principes liés au monde de l’emploi. Un système éducatif qui met un accent sur l’Enseignement Général avec plus de 1800 établissements chargés de ce secteur et seulement 630 pour les formations techniques. Des statistiques récentes sur la répartition des structures d’encadrement scolaire et des sous- systèmes éducatifs appliqués au Cameroun qui en disent long sur les tâtonnements observés dans la mise en œuvre de techniques efficaces d’enseignement.

Une incapacité marquée par des modifications constantes d’approches didactiques, sans véritable   succès. Ainsi depuis les indépendances le Cameroun n’a pas pu jumeler le sous- système francophone et anglophone, ouvrant bien le débat sur l’ambivalence de l’éducation du pays où, selon la section choisit on a une perception différente à la fois sur le cursus que sur les la pédagogie usitée. Des incompréhensions qui conduisent aux échecs répétés des approches qui ne cessent de se multipliées d’une année à l’autre. On peut dès lors, avoir l’approche basée sur  la main à la patte jusqu’à   celle orientée sur la compétence de l’apprenant en passant par la nouvelle approche pédagogique. De MAP à la NAP pour aboutir aujourd’hui à l’APC sans adapter l’apprenant aux contextes toujours plus fluctuant de l’insertion professionnelle.

Une pédagogie qui, au milieu d’une politique infructueuse du grand avatar que constitue le manuel scolaire, dont les guerres intestines ont conduit depuis quelques années aux renouvellements permanents des livres au programme, ceci sans explication convaincante, si ce n’est l’appât visible et excessif du gain des acteurs de la filière. Une mafia systémique de la gestion du secteur sensible de l’éducation qui n’est pas de nature à professionnaliser et harmoniser les enseignements au Cameroun.  Des péripéties qui ont malheureusement pour corollaire le niveau de plus en plus bas des élèves et étudiants camerounais, celui-ci étant globalement qualifié de moyen et par conséquent peu adapté aux besoins des entreprises en quête perpétuelle de bénéfices, ce qui de façon conséquente entraîne une insertion professionnelle bien en deçà des diplômés annoncés chaque fin de session scolaire.

Brice Ngolzok

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