L’Institut Français du Cameroun (IFC) ouvre sa saison culturelle 2025 sous le signe du « Tout-Monde » et de la pensée d’Édouard Glissant. Au cœur de cette programmation : « La parole nomade », un projet poétique et itinérant confié à l’écrivain et dramaturge camerounais Kouam Tawa.
Une parole en mouvement, une pensée en partage
« La parole nomade » est bien plus qu’un programme littéraire : c’est une invitation à faire circuler la pensée d’Édouard Glissant à travers des formes artistiques multiples. Lectures dans les trains, arbres à poèmes, ateliers d’écriture, performances scéniques, enregistrements radiophoniques… Autant de formats pour faire vivre une parole libre, vivante et collective.

Autour de Kouam Tawa, une constellation d’artistes — écrivains, comédiens, musiciens, plasticiens, slameurs et performeurs — s’engage à faire rayonner cette parole dans les villes et villages du Cameroun.
« Glissant nous aide à penser le Cameroun de demain »
Lors de la conférence de presse du 9 janvier 2025, Kouam Tawa a livré une déclaration forte :
« Je pense que la pensée d’Édouard Glissant est une des pensées qui nous permettra d’affronter les défis auxquels notre pays, le Cameroun, est confronté aujourd’hui. »
Il rappelle que si le Cameroun a longtemps été réceptif aux voix de la négritude — notamment à travers les œuvres d’Aimé Césaire — la pensée de Glissant, plus tournée vers la relation et l’ouverture, reste encore méconnue sur le continent.
Une anthologie pour nourrir l’imaginaire
Le projet s’appuie sur l’Anthologie de la poésie du Tout-Monde, une œuvre qui incarne l’ouverture, la diversité et la complexité des identités. Pour Kouam Tawa, cette anthologie est un outil précieux pour nourrir l’imaginaire collectif :
« Les contes, les mythes, les proverbes, le théâtre, la littérature peuvent participer de cette réflexion sur la pensée. »
Dans un pays où la jeunesse s’exerce avec passion à l’écriture, « La parole nomade » se veut un levier pour stimuler la créativité, renforcer le lien social et penser ensemble un avenir commun.
Une saison culturelle sous le signe de la relation
Avec « La parole nomade », l’IFC et Kouam Tawa proposent une saison culturelle qui fait dialoguer les territoires, les disciplines et les imaginaires. Une manière poétique et engagée de faire vivre la pensée d’Édouard Glissant, et de l’ancrer dans les réalités camerounaises contemporaines.