La 14ème Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a demarré le 24 et s’achève ce dimanche,29 mars au Palais des Congrès de Yaoundé, va achevet sur une déclaration retentissante du mouvement paysan international La Via Campesina. Réunis en marge de l’événement, ses représentants ont appelé à la fin de l’OMC et à la mise en place d’un nouveau cadre basé sur la souveraineté alimentaire.

Dans un communiqué au ton incisif, le mouvement accuse l’OMC et le libre-échange d’avoir “engendré la faim, la pauvreté et les inégalités” depuis près de trois décennies. Selon eux, les promesses d’un “cycle de développement” n’ont jamais été tenues. Au contraire, l’organisation serait devenue un instrument de domination des grandes puissances du Nord, fragilisant les économies du Sud et sacrifiant les petits producteurs.

“Faire dépendre l’alimentation des flux internationaux de commerce est suicidaire. Chaque pays a le droit et le devoir de défendre sa souveraineté alimentaire”, martèle La Via Campesina.
Les représentants venus d’Afrique, d’Amérique Latine, d’Asie, d’Europe et des pays arabes dénoncent également l’impact des conflits géopolitiques, citant la guerre en Iran qui perturbe massivement les échanges mondiaux. Pour eux, cette crise illustre les dangers d’une dépendance excessive aux importations alimentaires.
La déclaration finale, intitulée “L’OMC et le libre-échange engendrent la faim, la pauvreté et les inégalités”, critique notamment l’accord sur la pêche adopté lors de cette conférence. Selon le mouvement, il pénalise les petits pêcheurs des pays du Sud tout en favorisant la pêche industrielle destructrice des océans.
Au-delà des critiques, La Via Campesina appelle à bâtir une alternative à l’OMC, fondée sur la solidarité internationale, l’autodétermination des peuples et la protection des producteurs locaux. “Il est temps pour tous les pays sincèrement préoccupés par le bien-être de leurs populations de travailler à une nouvelle architecture commerciale”, conclut le mouvement.
Leave a comment









