L’écho d’un micro brisé : Martinez Zogo, symbole d’un métier en danger

L’écho d’un micro brisé : Martinez Zogo, symbole d’un métier en danger

Trois ans après son assassinat, la plaie reste vive, la douleur profonde.

Alors que le 20ᵉ témoin sur la quarantaine attendue dans l’affaire Martinez Zogo comparaît devant le tribunal militaire de Yaoundé le mardi, 27 Janvier 2026, la famille professionnelle du journaliste continue de porter le deuil. Un deuil lourd, prolongé, nourri par l’attente d’une justice qui tarde à se prononcer.

Martinez Zogo, journaliste à Amplitude FM, était une voix singulière dans le paysage médiatique camerounais. Il s’était spécialisé dans la dénonciation sans détour des dérives de la société, n’hésitant pas à pointer du doigt les personnalités soupçonnées d’ingérence ou de détournement de fonds publics. Une mission qu’il assumait avec courage, mais qui lui a coûté la vie.

Son assassinat brutal a révélé les risques croissants auxquels sont confrontés les professionnels des médias au Cameroun. La lenteur du procès, l’opacité de certaines procédures, et le silence de certains acteurs institutionnels ne font qu’amplifier la douleur de sa famille nucléaire et professionnelle.

Ce drame aurait pu — aurait dû — sonner l’alarme. Il aurait pu être le point de départ d’une profonde introspection sur l’état de la presse, sur la sécurité des journalistes, sur la nécessité d’organiser enfin des États généraux de la communication. Mais trois ans plus tard, les micros sont toujours fragiles, les voix toujours menacées, et les réponses institutionnelles toujours timides.

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