La suspension des réseaux sociaux au Gabon voisin relance un débat que j’estime crucial pour nos jeunes États.
Depuis bientôt sept ans, je m’interroge publiquement sur la capacité de nos sociétés à réguler l’espace numérique sans se laisser submerger par ses dérives. Nos nations, encore en construction institutionnelle et citoyenne, ne peuvent exposer leur jeunesse à une prolifération incontrôlée de contre-valeurs : banalisation de l’injure, tribalisme assumé, harcèlement numérique, campagnes d’acharnement, manipulation de l’opinion, désinformation structurée.
Il ne s’agit pas ici de prôner une censure aveugle ni de restreindre la liberté d’expression — principe fondamental. Il s’agit de poser une question de responsabilité collective : comment protéger la cohésion sociale, le vivre-ensemble et la stabilité nationale face à des outils qui, mal encadrés, deviennent des amplificateurs de haine, des dangers pour la société ?
L’espace médiatique traditionnel n’est d’ailleurs pas exempt de critiques. Certains débats télévisés et radiophoniques, transformés en arènes de clash permanent, contribuent moins à l’élévation du débat public qu’à son abaissement. Lorsque l’analyse cède la place à l’invective, lorsque la pédagogie est remplacée par la surenchère, l’opinion publique s’atrophie au lieu de mûrir.
Nos États ont le devoir de réfléchir à une régulation intelligente :
- renforcer l’éducation aux médias et au numérique ;
- responsabiliser les plateformes ;
- exiger une déontologie stricte des médias audiovisuels ;
- promouvoir des espaces de débat structurés, factuels et respectueux.
- pourquoi pas penser nos propres réseaux sociaux qui vont prôner nos valeurs, notre histoire, nos richesses culturelles…
La jeunesse camerounaise mérite mieux que le spectacle permanent de la division. Elle mérite un environnement informationnel qui élève, structure et inspire.
La question n’est donc pas seulement de suspendre, mais de reconstruire un écosystème médiatique et numérique au service de la paix, de la cohésion et du développement.
Hans BOND
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