Le coup d’essai n’aura pas finalement été un coup de maître, puisque la jeune équipe des Lions indomptables formée à la hâte par David Pagou, nommé sélectionneur le 1er décembre 2025, est sortie vendredi en quarts de finale de la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des nations de football. Une équipe du Cameroun battue en quart de finale par les Lions de l’Atlas marocains, sur tous les plans : tactique, physique, technique et même maléfique (un arbitrage honteux sur commande du pays-hôte. Qui sait comment ce Maroc-Cameroun du 9 janvier dernier se serait achevé si, par exemple, le Var – resté étonnamment aphone tout le match – avait alerté le tristement arbitre central mauritanien Beida sur un possible penalty en faveur de Mbeumo, sur le bris du visage de Christian Kofane par un coude sauvage du défenseur marocain Aguerd et sur le placage en règle sur Karl Etta-Eyong à la lisière de la surface de réparation des Marocains ?

Mais l’heure n’est pas aux regrets ou aux lamentations. Ce qui est fait est fait. C’est plutôt le moment de tirer les leçons, côté Lions indomptables, de cette digne et prometteuse participation à la Can 2025. Car quand le Cameroun était le Cameroun, il s’est souvent sorti des pièges plus vicieux que le minable arbitrage du juge de jeu mauritanien l’autre jour au stade Prince Moulay Abdallah de Rabat. On a en effet vu par le passé des gardiens de buts camerounais garder leur cage inviolée alors qu’étaient postés derrière leurs filets des hommes en treillis et armes au poing. Nulle part le tapis rouge n’a été déroulé aux Lions indomptables, qui ont conquis leurs cinq étoiles de champion d’Afrique à l’extérieur sur des terrains aussi hostiles que ceux de Lagos, Bamako et déjà Casablanca. Ils ont souvent bravé les nuits passées dans les halls des aéroports, les transports cahoteux et sinueux à l’intérieur des pays, les changements brusques des villes de match, les cris peu amènes déferlant des tribunes en feu…
La jeune génération des Lions indomptables que nous venons de voir à l’œuvre sur les stades marocains peut atteindre cette plénitude. Elle a déjà du talent, certes naissant mais réel ; elle a du cœur et l’esprit Lions (le Hémle) ; elle a de l’envie et de l’ambition ; et apparemment elle vit bien comme groupe humain. Avec l’aide précieuse attendue du staff technique, elle doit s’améliorer encore sur le plan tactique, la gestion des temps forts et des temps faibles, l’occupation rationnelle des espaces, la capacité à être clinique devant les buts, et même le recours à la malice et au vice vertueux quand il le faut.
Cette génération en est capable, si déjà en un seul mois elle est parvenue à ce niveau de séduction. Mais pour que tout cela soit capitalisé, il faudrait que cette équipe qui est née soit encadrée, suivie et régulièrement remise à l’ouvrage. Que la Fédération camerounaise de football, en espérant que sa tutelle ministérielle sera de moins en moins oppressante, conforte le staff technique camerounais qu’elle a choisie et qu’elle ne laisse plus jamais passer une période Fifa sans trouver un sparring-partner aux Lions indomptables.
Nous sommes absolument persuadés que nous sommes à l’aube d’une nouvelle génération dorée de l’équipe du Cameroun. Qu’il soit donné au staff technique le temps de mieux peaufiner sa stratégie, afin de ne pas s’appuyer sur un seul système de jeu comme une béquille, et de se donner les moyens de savoir contourner les obstacles qui ne manqueront jamais de se présenter sur son chemin. Bien rodée, bien entraînée, plus musclée, mieux aguerrie, cette génération des Lions indomptables a tous les atouts pour être redoutable dans deux ans et la prochaine édition de la Coupe d’Afrique des nations. Avant que la mafia qui s’est emparée de la Confédération africaine de football (Caf) ne se lance dans son aventure incompréhensible de la Can tous les quatre ans…
EDITORIAL / L’Actu-Sport de mardi 13 janvier 2026 Par Emmanuel Gustave Samnick