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L’Ordre des Professions Médico-Sanitaires tire la sonnette d’alarme sur la dérive du système de formation en santé

Dans une déclaration ferme et sans équivoque, l’Ordre des Professions Médico-Sanitaires (OPMS) a alerté l’opinion publique sur une crise silencieuse mais lourde de conséquences : la prolifération des formations non-réglementaires dans le secteur de la santé au Cameroun.

Créé par la loi N° 84-010 du 5 décembre 1984, l’OPMS est l’organe de régulation chargé de veiller à la moralité, à la légalité de l’exercice professionnel et à la qualité de la formation des infirmiers, sages-femmes et techniciens médico-sanitaires. Lors d’un point de presse tenu ce 18 décembre à Yaoundé, le Conseil de l’Ordre, présidé par Moussa Hamadou Satou, a qualifié la situation actuelle de « bombe à retardement » menaçant directement la sécurité des soins prodigués aux populations.

Une alerte face à l’inaction

L’Ordre dénonce la persistance de pratiques éducatives déviantes, malgré les résolutions issues de la concertation interministérielle MINESUP/MINSANTE du 16 août 2024. De nombreuses institutions continuent de délivrer des diplômes comme le BTS, le HND ou la Licence Professionnelle, qui ne confèrent pas le Diplôme d’État — seul titre légalement reconnu pour exercer dans les professions médico-sanitaires.

Quatre piliers pour une réforme urgente

Pour enrayer cette dérive, l’OPMS propose une refondation du système autour de quatre exigences fondamentales :

Des mesures de coercition exigées

Face à l’urgence, l’Ordre appelle l’État à passer à l’action à travers trois mesures concrètes :

  1. Audit Interministériel immédiat de toutes les écoles de formation.
  2. Fermeture Administrative des établissements non conformes.
  3. Calendrier de Régularisation à publier avant fin mars 2026 pour l’arrimage au système LMD.

« L’heure est à l’action »

L’OPMS insiste sur la nécessité d’être impliqué à chaque étape du processus de réforme. « L’heure est à l’action », martèle le communiqué, soulignant que la qualité de la formation et la sécurité des patients ne sauraient faire l’objet d’aucun compromis.

Alors que le pays s’efforce de renforcer son système de santé, cette sortie de l’Ordre sonne comme un appel à la rigueur, à la responsabilité et à la préservation de l’éthique dans un secteur aussi vital que celui de la santé publique.

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