L’événement majeur de la première journée officielle de la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC-CM14) a été la conférence de presse tenue dans la salle d’information du Palais des Congrès de Yaoundé, de 17h à 17h40, par plusieurs organisations de la société civile mondiale. Celles-ci ont exprimé leurs vives inquiétudes face aux pratiques commerciales internationales. Sous le mot d’ordre « Notre monde n’est pas à vendre », elles ont dénoncé le rôle des pays industrialisés dans la fixation des prix des matières premières, jugés défavorables au continent.

Selon les intervenants, les économies africaines demeurent prisonnières d’une dépendance excessive à l’exportation de ressources naturelles dont les cours sont déterminés en dehors du continent. Cette situation réduit considérablement les marges de manœuvre pour développer des industries locales, renforcer la valeur ajoutée et bâtir des chaînes de production durables. Les critiques portent également sur le manque de transparence et sur ce qu’ils considèrent comme une complicité silencieuse des grandes puissances dans le maintien d’un système inéquitable.
Parmi les représentants présents figurait Mounirou Alioune Kane, du Centre africain pour le commerce, l’intégration et le développement, qui a appelé à une réforme en profondeur des règles commerciales mondiales afin de garantir une plus grande équité. Les organisations exigent que l’OMC prenne en compte les réalités économiques et sociales de l’Afrique dans ses négociations, et que les pays industrialisés cessent de profiter de conditions qui fragilisent les économies africaines. « En 2026, les discours doivent céder la place à des actions concrètes », ont-ils martelé.

La conférence de Yaoundé, qui se déroule dans un contexte de tensions économiques et géopolitiques, est perçue comme une occasion cruciale pour redéfinir les rapports de force et donner une place plus juste au continent africain dans le commerce international. Les intervenants ont insisté sur la nécessité pour les Africains de fixer eux-mêmes les prix de leurs marchandises et de choisir librement leurs partenaires commerciaux.
Ce cri de détresse lancé depuis Yaoundé résonnera-t-il au sein de l’OMC et auprès de ses puissants partenaires occidentaux ? L’avenir en décidera.
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