OMC-CM14 : « Notre monde n’est pas à vendre »

OMC-CM14 : « Notre monde n’est pas à vendre »

À l’occasion de la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC-CM14), des voix africaines et européennes se sont élevées lors d’une conférence de presse organisée par le réseau OWINFS (Our World Is Not For Sale / Stop Corporate Globalization) pour dénoncer ce qu’elles qualifient de « silence » et de « complicité » des pays industrialisés dans la gestion des échanges commerciaux mondiaux.

Sous le slogan « Notre monde n’est pas à vendre », les représentants de plusieurs organisations de la société civile africaine – parmi lesquels Mélanie Foley (Global Trade Watch), Jane Kelsey (Université d’Auckland), Sofia Scassera (Transnational Institute), Ranja Sengupta (Third World Network) et Jane Nalunga (SEATINI) – ont pointé du doigt des pratiques qui, selon eux, maintiennent le continent dans une position défavorable. Ils accusent les puissances économiques de fixer unilatéralement les prix des matières premières, privant ainsi l’Afrique de la juste valeur de ses ressources naturelles.

« Les pays industrialisés se servent à leur guise en Afrique, imposent des conditions commerciales inéquitables et perpétuent un système qui défavorise nos économies », a déclaré un porte-parole du collectif.

Les critiques portent notamment sur la dépendance aux exportations de matières premières, dont les cours sont souvent déterminés en dehors du continent. Cette situation, jugée injuste, limite la capacité des pays africains à investir dans la transformation locale, à créer des chaînes de valeur durables et à renforcer leur souveraineté économique.

Les intervenants ont appelé à une réforme profonde des règles commerciales internationales, afin de garantir une plus grande équité et de permettre aux pays africains de tirer pleinement profit de leurs richesses. Ils exigent également que l’OMC intègre les réalités économiques et sociales du continent dans ses négociations, en mettant le développement humain et la justice sociale au centre des préoccupations.

L’OMC-CM14, qui se déroule dans un contexte de tensions géopolitiques et de crise économique mondiale, apparaît ainsi comme un moment crucial pour redéfinir les rapports de force et donner à l’Afrique une place plus juste et plus influente dans le commerce international.

Leave a comment

Send a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.