rythme mbole : mise en lumière de son idéologie

rythme mbole : mise en lumière de son idéologie

Reconnu comme un style de musique populaire, cette nouvelle offre se présente comme un mode de vie pour la jeunesse des banlieues.

Jadis utilisé pour animer les veillées, le mbole s’est emparé des « boys « . Issue des quartiers défavorisés à l’instar de Elig edjoa, Etam bafia, nkoldongo, Anguissa, mvog-ada ou Essos, les jeunes magnifient ce rytme à l’aide du ndjembe, du claquement de mains saupoudré de chants caustiques. Une activité qui apparaît au fil du temps comme une thérapie contre les fléaux sociaux qui minent cette catégorie de la population abandonnée à elle-même.

Une philosophie basée sur trois piliers fondamentaux

Le cadre de vie des mboleyeurs est loin d’être enviable. Des rues poussiéreuses ou boueuses selon la saison. Alcool, sexe, stupéfiant, vol, braquage font leur nid dans cet environnement de promiscuité. Ici tout le monde veut réussir à tout prix et à tous les prix pour sortir de cette misère. Le rythme mbole apparaît donc pour certains experts comme un mode de vie qui se manifeste en un triptyque notamment : les instruments, le message et l’esprit positif. Ces éléments ont forgé le caractère d’Alexandre l’effaceur d’Elig edzoa  » Grace au mbole, je gagne dignement ma vie, je ne suis plus considéré comme un voyou. »

<<Le  game>> est de plus en plus dangereux et exige depuis que cette musique  occupe le sommet du hitparade. Papy NSIMI, animateur radio plaide pour un véritable nettoyage du domaine. Pour lui, citer le ntad (chanvre indien) en longueur de journée et célébrer sa fumée est trés pejoratif. Les mboleyeurs dans leurs textes ne cherchent pas à séduire ou à impressioner. La plupart du temps le registre de langue est en deçà du familier. Ce que comprend très bien Manfred ESSOME qui affirme : « Dans leurs textes ces jeunes expriment la dureté de la vie et leur volonté à sortir du ghetto et changer de vie. Ils mettent en lumière des comportements déviants et sensible leurs congénères. »

L’idéologie qui soutend ce mouvement populaire

Largement dominé par la gente masculine, le Mbolé exprime la vie. La joie de vivre. Une volonté de croquer la vie à belles dents.  Musique dansante chantée par des voix graves accompagnées d’instruments traditionnels.  On oublie tout, on vit l’instant présent. Pour le passionné de communication, de culture et de mode Daniel EYA’A :   jeunes. Mais par-dessus tout, le rythme mbole est une musique populaire, qui prône l’unité, la fraternité. C’est la raison pour laquelle les jeunes d’aujourd’hui s’identifient aussi facilement. Car derrière le Mbolé, il n’y a pas un socle culturel.  » sa préservation est une affaire de tous.

Thierry EDJEGUE

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