C’est un secret de polichinelle : les acteurs de l’art musical africain peinent à vivre de leur création. Entre clochardisation, paupérisation, faiblesse des mécanismes de gestion des droits, insuffisance des métadonnées, accès limité aux marchés internationaux et transformation rapide de l’environnement numérique, le quotidien des créateurs reste fragile.
Pour y remédier, du 18 au 21 juin 2026, Yaoundé a accueilli la première édition du Sommet Africain de l’Édition Musicale (SAEM), une initiative du chanteur camerounais Aimey Bizo, dont l’ambition est claire : permettre aux créateurs de vivre dignement de leur art.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue au Concord Hotel, présidée par Fabien Ateba Assomo, délégué régional du Ministère des Arts et de la Culture, représentant le Ministre. Étaient également présents des figures majeures telles que Dr Ateh Bazor (Président de la SONACAM), Pr. Jules René Minkoua Nzié, Matt Bolton (expert britannique en métadonnées musicales), Didier Awadi (Sénégal), Dzifa Tamakloe (consultante ghanéenne en droits d’auteur), ainsi qu’Aimey Bizo lui-même.
Un espace de réflexion et d’action
Le SAEM veut bâtir une économie musicale solide, en s’appuyant sur le vivier de talents africains dont les œuvres rayonnent déjà à l’international. L’édition musicale ne se limite pas à la gestion des droits : elle est aussi un levier de développement économique, de création d’emplois et de valorisation du patrimoine culturel africain.
Cette première édition a réuni :
- des professionnels de l’industrie musicale,
- des organismes de gestion collective,
- des éditeurs et plateformes numériques,
- des décideurs publics et partenaires internationaux.
Tous autour d’un objectif commun : donner aux créateurs les moyens de transformer leur art en source de revenus pérennes.
Les enjeux abordés
Les travaux ont porté sur des thématiques cruciales :
- rémunération des créateurs,
- gestion et qualité des métadonnées,
- accès aux marchés internationaux,
- impact de l’intelligence artificielle sur l’industrie musicale,
- renforcement des capacités des professionnels
La voix des organisateurs
Pour Aimey Bizo, « le problème principal, c’est le créateur. L’éditeur musical doit être l’interlocuteur central, celui qui sait déclarer une œuvre, gérer les métadonnées, la vendre et reverser les revenus à l’auteur. Le SAEM est un outil pour donner aux artistes les clés de leur autonomie économique ».
De son côté, Fabien Ateba Assomo a souligné que « le choix du Cameroun est significatif. Sa diversité culturelle et musicale en fait un carrefour idéal pour réfléchir aux défis et perspectives des industries musicales africaines ».
Perspectives
À Yaoundé, l’espoir est que ce sommet débouche sur des résolutions concrètes et des engagements forts, afin de bâtir une organisation durable et fructueuse pour l’économie musicale africaine.
