Santé : La crise sociopolitique garantie de beaux jours au paludisme dans le Nord-Ouest

Santé : La crise sociopolitique garantie de beaux jours au  paludisme dans le Nord-Ouest

Avec l’enlisement de la crise, la lutte contre le paludisme a pris un grand coup laissant découvrir des chiffres effrayants.

Une hausse vertigineuse des cas de décès

Entre 2015 et 2020, la Région du Nord Ouest est passée de 100.000 cas de paludisme à 170.000 cas avec une fulgurante ascension des cas de décès allant de 100 décès par an, à plus du double soit, 230 décès par an. La situation alarmante donne avoir un autre terrain sur lequel le Cameroun est mis à mal dans cette partie du pays .

De nombreuses causes et directes.

Au nombre des incidences directes de la persistance de la crise qui dure depuis 2016, la difficile mise en place des stratégies de prévention et désormais impossible diffusion des messages de lutte contre cette pandémie qui est l’une des principales causes de mortalité en Afrique.


Le cordonnateur du groupe technique régional de lutte contre le paludisme pour le Nord Ouest, Docteur WIRNGO MOHAMADOU explique : « Cette crise a un effet profond sur les mesures de lutte contre le paludisme. Plusieurs populations se sont déplacées et en se déplaçant ces populations ne partent pas toujours avec leurs moustiquaires pour les protéger contre le paludisme. Également on voit que les messages de lutte contre le paludisme ne sont pas diffusés parce que on a environ 80 % des radios communautaires qui sont fermées à cause de la crise, donc la sensibilisation de la population n’y est plus possible» . À cela s’ajoute la désertion du personnel sanitaire qualifié pour des causes d’insécurité.

Quelques pistes de solutions .

Pour tenter de contrôler et de revoir considérablement à la baisse les chiffres inquiétants, les responsables en charge de la lutte contre la pandémie, soutenus et appuyés par les organismes internationaux tels le Fonds mondial de lutte contre le paludisme et autres ONG humanitaires ont mis en place quelques stratégies dont les résultats seront évalués au terme de l’année en cours : «Nous prévoyons déjà de faire un recrutement local du personnel et de former au diagnostic et à la prise en charge du paludisme; de renforcer les capacités des personnels qui sont restés sur place à la prise en charge et nous comptons également mettre à contribution les agents de santé communautaires; il faut dire que dans le Nord Ouest on avait déjà un réseau de 597 agents de santé communautaires qui travaillaient dans 9 sur les 19 districts que compte la Région», nous renseigne le Dr WIRNGO.

Un S.O.S à l’endroit des collectivités territoriales décentralisées.

Grandes absentes dans cette conjugaison de forces pour repousser un ennemi sournois mais non moins mortel , les collectivités territoriales décentralisées jusque-là silencieuses. Silencieuses pourtant leur apport que l’on voit entre autres financier pourrait considérablement faire reculer la maladie.


La crise sécuritaire dans les Régions anglophones génère des conséquences dont il faudrait encadrer les débordements presque simultanément. Alors que le Gouvernement camerounais est attendu sur le terrain d’une efficace résolution d’une guerre dans laquelle « l’ennemi » redouble de force, d’ardeur en même temps qu’il se dote d’un matériel militaire de plus en plus sophistiqué, il va falloir faire vite et penser en attendant, de meilleures stratégies pour la protection multiforme des civils.

Rolande AGONG

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