Focus Média Afrique

Stop Féminicides 237 : “Qui sera la prochaine victime ?”

À l’occasion de la Journée de la Femme Africaine, le collectif Stop Féminicides 237 a réaffirmé son engagement dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun.

Créé en 2023 après le féminicide et infanticide de Vanessa Youbi et de ses enfants, le collectif regroupe une quarantaine de militantes féministes réparties dans six régions du pays. Depuis trois ans, il multiplie les actions de terrain – flash mobs, campagnes de sensibilisation – et le plaidoyer auprès des institutions nationales et internationales.

Cette année, la mobilisation s’est cristallisée autour du hashtag #UneLoipourUneVie, symbole d’un combat pour l’adoption d’une loi spécifique contre les violences sexuelles et sexistes.

“Chaque femme tuée est une vie qui aurait pu être protégée. Nous demandons une loi qui sauve, une loi qui protège”, a déclaré une militante lors du point de presse.

Le collectif insiste sur l’urgence d’un cadre juridique renforcé pour prévenir et réprimer ce fléau, rappelant que les féminicides ne sont pas des faits isolés mais un problème systémique nourri par les inégalités et les normes patriarcales.

L’escalade des féminicides sexuels : un constat alarmant


Violée avant d’être tuée : cette double violence, qui frappe les femmes et les filles, n’est pas un acte isolé mais un processus de domination et de déshumanisation. Les militantes dénoncent une impunité accrue qui favorise la récidive.

Comment s’étonner de cette escalade quand des auteurs de viols reconnus n’écopent que de 3 à 5 ans de prison, loin des peines de 30 ans prévues par la loi ? Comment s’étonner quand des influenceurs banalisent le sexisme en affirmant qu’ils ne peuvent travailler avec une femme sans coucher avec elle, ou quand des pères diffusent des contenus choquants sur leurs propres filles ?

Selon Stop Féminicides 237, 70 femmes et filles ont été violées puis tuées au Cameroun depuis 2023. Dans la majorité des cas, les assassins étaient connus de leur entourage, parfois récidivistes, mais rarement suivis par la justice.

Les revendications du collectif
Face à cette situation, le collectif propose des mesures fortes :

Une question qui dérange
Alors que les réseaux sociaux s’enflamment à chaque nouveau drame, le collectif rappelle que l’indignation ne suffit pas. Sans réforme profonde, les femmes et les filles resteront en insécurité au quotidien.

Nous restons amorphes en attendant la prochaine victime de féminicide sexuel pour un autre buzz sur les réseaux sociaux. Mais la vraie question est : qui sera la prochaine victime ?”

Quitter la version mobile