Yaoundé, Cameroun — En marge de la 51e Session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF), la Représentante résidente d’ONU Femmes au Cameroun a livré un vibrant plaidoyer à l’hemicycle du Sénat en faveur du leadership féminin et de la consolidation d’une diplomatie parlementaire féministe.

Devant le Réseau des femmes parlementaires de la Francophonie, elle a salué la constance du plaidoyer mené par cette instance, qualifiée de « levier stratégique pour transformer les cadres législatifs et faire de l’égalité des genres une réalité tangible ».
Le Cameroun cité en exemple
La représentante a félicité le Cameroun, pays hôte de la session, pour ses avancées en matière de représentation féminine. Avec 33,9 % de femmes à l’Assemblée nationale, le pays enregistre une progression notable par rapport aux 13,9 % de 2007.
Des défis mondiaux interconnectés
Dans son allocution, elle a mis en lumière les crises systémiques auxquelles l’espace francophone est confronté : ralentissements économiques, défis sécuritaires, dérèglements climatiques et fragilisation du multilatéralisme.
« Plus que jamais, nous avons besoin d’un multilatéralisme renouvelé, inclusif et profondément féministe », a-t-elle affirmé, insistant sur le rôle des femmes comme actrices incontournables de la paix et de la justice sociale.
Les femmes, premières victimes du climat
Elle a rappelé que les femmes et les filles sont en première ligne face aux effets du changement climatique : insécurité alimentaire, abandon scolaire et violences basées sur le genre dans les zones de déplacement. Pourtant, elles demeurent « les gardiennes des solutions et de la biodiversité ».

Quatre priorités d’action
ONU Femmes a réaffirmé quatre axes majeurs pour renforcer l’égalité et la paix :
– Renforcement des cadres légaux et diplomatie inclusive, notamment contre les violences basées sur le genre.
– Budgets sensibles au genre et au climat, intégrant des financements pour l’autonomisation des femmes et l’adaptation écologique.
– Parité et leadership politique, avec des réformes électorales audacieuses et des quotas contraignants.
– Mise en œuvre des Plans d’Action Nationaux “Femmes, Paix et Sécurité”, dotés de financements dédiés.
Vers une diplomatie parlementaire féministe
La représentante a salué l’adoption prochaine d’une Déclaration pour une diplomatie parlementaire féministe, qui donnera un nouvel élan à la Résolution 1325 des Nations Unies.
En conclusion, elle a invité les parlementaires francophones à « transformer les discours en lois, et les lois en réalités quotidiennes pour un avenir durable », citant un proverbe africain : « Si vous voulez aller vite, marchez seul. Si vous voulez aller loin, marchons ensemble. »









