Lors de la clôture du vendredi 27 août 2026, à l’Hôtel Franco, Élisabeth Atangana, présidente de la CNOP-CAM, a conclu en déclarant : « ENSEMBLE, LEVONS-NOUS ET BATISSONS ».
Les acteurs du monde paysan, de la société civile, de la recherche et des pouvoirs publics ont examiné durant trois jours la promotion d’une agroécologie inclusive, la préservation de la biodiversité et la construction de systèmes alimentaires durables adaptés aux réalités du bassin du Congo. La deuxième Conférence du Bassin du Congo entend franchir une nouvelle étape dans la construction d’une souveraineté alimentaire régionale. Organisée à Yaoundé par la Concertation Nationale des Organisations Paysannes du Cameroun (CNOP-CAM), en partenariat avec l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA), la rencontre s’est donnée pour objectif de commencer à se concrétiser sur le terrain.

Dans les communautés rurales, la dynamique repose notamment sur la formation et l’accompagnement des producteurs. Des entrepreneurs agricoles, des groupes de femmes et des communautés autochtones, notamment les Baka et les Mbororo, sont formés aux pratiques agroécologiques. À cette action s’ajoute un travail de plaidoyer auprès des gouvernements pour faire évoluer les politiques agricoles vers des systèmes alimentaires plus durables. L’objectif est de renforcer l’autonomie des communautés et leur capacité à résister aux effets des crises climatiques, économiques et alimentaires.
Initialement prévue à Brazzaville, la conférence a finalement été délocalisée à Yaoundé en raison de la crise d’Ebola survenue en République démocratique du Congo. La CNOP-CAM a ainsi été désignée pour accueillir cette deuxième édition, qui vise à rapprocher les différents acteurs autour d’une vision commune de l’agriculture et de l’alimentation.
Préserver l’environnement sans compromettre la production
Face au modèle agro-industriel et à l’utilisation croissante des intrants chimiques, les défenseurs de l’agroécologie plaident pour une transformation des modes de production. Élisabeth Atangana reconnaît le défi auquel sont confrontés les gouvernements : nourrir des populations dont la démographie progresse rapidement. Mais, estime-t-elle, l’augmentation de la production ne peut se faire au détriment des écosystèmes et de la santé humaine. Ainsi, la sensibilisation doit s’étendre jusqu’aux médias de masse pour que chacun joue sa partition.
La protection de la biodiversité et la réduction des effets liés à l’utilisation des pesticides constituent ainsi, selon elle, des arguments majeurs en faveur de l’agroécologie. Cette approche s’inscrit également dans la logique « One Health », qui établit un lien entre santé humaine, santé animale et environnement. Pour la présidente de la CNOP-CAM, la souveraineté alimentaire suppose surtout de réduire la dépendance à l’extérieur en renforçant les capacités locales de production et de consommation.

Cette ambition passe aussi par la préservation des semences locales. Face à la progression des variétés hybrides et brevetées, la CNOP-CAM mise sur une collaboration accrue entre agriculteurs, chercheurs, société civile et pouvoirs publics. La recherche doit contribuer à mieux connaître, conserver et valoriser les semences traditionnelles afin de permettre aux producteurs de préserver leur autonomie.
Perspectives et suites
Les organisateurs insistent sur le fait que des actions pilotes seront lancées dans plusieurs pays du bassin afin de tester des approches agroécologiques adaptées aux contextes locaux, avec un suivi renforcé et des mécanismes de financement plus accessibles. Des plateformes d’échanges techniques et des partenariats régionaux sont prévus pour faciliter le transfert d’innovations et le renforcement des filières locales. Un cadre de dialogue politique entre États membres et partenaires internationaux est également attendu pour traduire les engagements en politiques publiques concrètes et en programmes opérationnels.
Conclusion
La 2e Conférence du bassin du Congo souligne, au-delà des objectifs techniques, l’importance d’une démarche collective et inclusive pour une souveraineté alimentaire durable. En fédérant paysans, chercheurs, société civile et pouvoirs publics autour d’une vision commune, elle cherche à transformer les défis en opportunités et à préserver les ressources naturelles tout en assurant la sécurité alimentaire des populations de la région.
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