La 14e réunion du Conseil des ministres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui s’est tenu au Cameroun, a été marquée par une vive controverse. Le Secrétariat de l’OMC a décidé d’interdire toute manifestation ou action symbolique de la société civile sur le site de la conférence, y compris la tenue silencieuse de pancartes ou la distribution de tracts.

Depuis sa création, l’OMC est régulièrement critiquée pour son exclusion de la société civile dans ses négociations, contrairement à d’autres organisations intergouvernementales qui permettent aux ONG accréditées d’assister en tant qu’observatrices. Malgré ces restrictions, le réseau « Our World Is Not For Sale » (OWINFS) a toujours participé aux conférences ministérielles, organisant des actions pacifiques telles que des banderoles, des « mic check », du théâtre de rue ou encore un « die-in » contre la dérogation aux ADPIC liée à la COVID-19.
Cette tradition a été brutalement interrompue lors de la CM13 à Abu Dhabi, où les membres d’OWINFS ont été arrêtés et leurs actions interdites. L’organisation avait pourtant reçu l’assurance du Secrétariat que les manifestations pacifiques seraient possibles lors de la CM14. Mais, à la veille de l’ouverture, le 25 mars 2026, une nouvelle directive a interdit toute activité de ce type, provoquant la colère des militants.
« Je suis venu à la MC14 pour représenter 5 millions d’agriculteurs indiens qui ont besoin que l’OMC s’accorde sur une solution permanente concernant le programme public de stockage alimentaire. Mais nos voix ont été réduites au silence », déplore K V Biju, du Rashtriya Kisan Mahasangh.

OWINFS appelle la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, à assumer ses responsabilités et à garantir le respect des normes internationales de liberté d’expression et de participation publique, comme c’est le cas dans d’autres forums internationaux. Pour les organisations de la société civile, il en va de la transparence et de la crédibilité du système commercial multilatéral.
Leave a comment









