Pierre et le Loup aux couleurs du Cameroun : Ruben Binam ressuscite un rêve de Manu Dibango

Pierre et le Loup aux couleurs du Cameroun : Ruben Binam ressuscite un rêve de Manu Dibango

L’Institut Français du Cameroun (IFC) a dévoilé l’une des résidences artistiques majeures de sa saison culturelle 2026, placée sous le thème évocateur : « L’année du Tout-monde : à la rencontre d’Édouard Glissant ». Parmi les projets retenus, celui de l’artiste et pédagogue Ruben Binam se distingue par son ambition et sa portée symbolique : une réinterprétation contemporaine du conte musical Pierre et le Loup de Sergueï Prokofiev, présentée à Douala et Yaoundé.

Ce choix artistique n’est pas anodin. Il s’inscrit dans la continuité d’un projet imaginé avec la légende de l’afro-jazz, Manu Dibango, peu avant sa disparition. « Avant de nous quitter, Manu m’avait proposé de travailler avec lui sur Pierre et le Loup. Ce projet n’a malheureusement jamais vu le jour. Aujourd’hui, je souhaite lui rendre hommage à travers cette création, dans l’esprit du Tout-monde cher à Glissant », confie Ruben Binam.

Lors de la conférence de presse tenue à l’IFC de Yaoundé le 9 janvier 2025, l’artiste a partagé les contours de cette aventure artistique audacieuse. « C’est un travail qui représente un challenge énorme. Je me demande moi-même comment ça va être possible, mais c’est très exaltant de savoir qu’on ne sait pas comment les choses vont se faire, mais qu’il faut le faire pour autant. C’est un défi. »

Un défi qu’il relèvera avec le soutien de jeunes talents camerounais, notamment ceux du centre culturel Ubuntu. « Ce projet, je vais le porter avec des jeunes Camerounais et Camerounaises qui s’intéressent à la dynamique musicale de notre pays, aussi bien du point de vue moderne que traditionnel, avec les instruments patrimoniaux », explique-t-il.

L’œuvre de Prokofiev, conçue à l’origine pour initier les enfants aux instruments de l’orchestre, devient ici un terrain d’exploration des sonorités africaines. « Nous devons garder cet esprit pédagogique et permettre au public, jeune comme adulte, de découvrir des instruments venus d’Afrique, du Cameroun, et de comprendre notre regard stylistique sur cette œuvre », souligne Ruben Binam.

Au-delà de la musique, cette création s’inscrit dans une démarche de créolisation, concept cher à Édouard Glissant. « Il s’agit de voir comment nous, Camerounais, Africains, pouvons nous réapproprier cette œuvre dans l’esprit de la créolisation dont Glissant est le porte-flambeau. Mais aussi dans celui de Manu Dibango, du point de vue musical. »

Entre hommage, transmission et innovation, ce projet s’annonce comme l’un des temps forts de la saison 2026 de l’IFC,

Leave a comment

Send a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.