Cameroun : Le SDF donne de sa voix aux confins du vide

Cameroun :  Le SDF donne de sa voix aux confins du vide

Les multiples démissions, le tribalisme et les dissensions internes ont considérablement fragilisés ce parti politique, devenu l’ombre de lui-même.

L’opportunité de  la mise à la retraite volontaire du chairman John Fru Ndi permet de s’interroger sur  la valeur réelle de ce parti d’opposition. Au-delà de l’aspect historique de cette décision, le personnage en lui-même est  atypique. Car, il fait partir de ceux-là  qui, au péril de leurs vies durant les années de braises  ont structuré la pensée politique.La version camerounaise de la démocratie observée aujourd’hui est en partie le fruit de ses combats et du  poids considerable de sa formation politique, lequel, s’est malheureusement effrité au fils des années.  Avec le départ de la figure de proue de la tête du parti, que reste-t-il encore du social democratic  frond? Que représente encore ce partie politique aujourd’hui? Autant de questions qui sont à encore sans réponse de précises.

Déclin alarmant du principal parti de l’opposition

Il y a trois ans, les signaux de son départ avait déjà été donnés. C’était lors de la présidentielle d’Octobre 2018 au cours de laquelle le SDF avait enregistré le pire score  de son histoire politique. Le parti en payera le prix . Plusieurs années après, la situation n’a pas changé. En témoigne, la récente création  de la commission réconciliation  ainsi que celle en charge des actions en son sein, constituent autant  de signaux forts de la crise  fonctionnelle et structurelle qui règne dans la maison SDF. S’il est vraie que cette sortie  du chairman du SDF tourne une page importante de l’histoire , il n’en demeure pas moins vrai qu’une profonde réforme s’impose.  Bertrand OWONA Journaliste soutient que « Le  sdf n’a de gloire que dans son passé, car on se souvient pas de ses prouesses , de ses  grands meetings aux allures de triomphes avec le slogan ‘’ power to the people’’ qui faisait courir de millions des gens  prêt à braver la force  publique. Le parti a perdu de sa superbe santé Progressivement à cause des querelles, l’ego de quelques-uns  et le tribalisme  qui a pris le dessus  sur la vision idéologique ».  Quasiment anonyme, le sdf a  mal à  son image, sa structuration et la gestion de ses organes internes avec le fameux 8/2 qui semblait coupé les têtes des contestataires . D’où les multiples départs connus ses dernières années.  Nonobstant ce tableau peu reluisant de son parti, le militant de la première heure  Parfait MVOUM  pense que tout n’est pas perdu ‘’le SDF reste une des formations les plus redoutables du Cameroun, elle a vécu, une  expérience,  des résultats, elle a à  dire et d’ailleurs n’eut été la crise dans les régions anglophones, son fief, on ne parlerait pas de déclinaison a l’heure actuelle. Nous avons toutes nos chances pour la transition ».

Des chiffres qui ne rassurent guère

Le climat  socio politique  qui règne actuellement dans  les zones anglophones du Cameroun  impacte considérablement l’action  du parti fondé  dans les années 90  à Bamenda.  Poussé dans ses  derniers retranchements, il n’a malheureusement pas su  se réinventer pour conquérir d’autres espaces.  Résultat des courses,   pratiquement rien à se mettre sous la dent dans les municipalités, zéro président de conseil régional. Côté  parlement on compte  05 députés pour l’assemblée nationale et 07 sénateurs pour la chambre haute. Des chiffres assez édifiants sur le volume représentatif  de ce mouvement politique.  La retraite de John Fru NDI peut-elle sauver ce parti au bord de l’implosion? Voilà la question que se pose en ce moment la majorité des camerounais.

Thierry EDJEGUE

Leave a comment

Send a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.