Chine : Face à la mauvaise foi de l’Occident

La sixième session plénière du comité central du Parti communiste chinois s’est tenue du 08 au 11 novembre 2021 et a adopté la Résolution sur les principales réalisations et l’expérience historique du Parti au cours du siècle passé.

Chine : Face à la mauvaise foi de l’Occident

Présenté en termes clairs et structurés par le Président Xi Jinping qui a insisté sur les progrès de la Chine, il est curieux de constater quel sens de la déformation a accompagné le traitement de cet évènement par les médias occidentaux et atlantistes.

Ils ont parlé d’un « pas de plus pour Xi Jinping vers un troisième mandat à la tête de la Chine et d’un PCC qui gouverne le pays d’une main de fer depuis 72 ans » (France 24) ; de « l’actuel président chinois qui cherche à étendre sa mainmise sur le parti et le pays en s’élevant au rang de Mao et Deng » (Lettre d’Asie) ; d’un dirigeant chinois qui « ne se contente pas de placer ses fidèles à des postes clés, de reprendre en main la vie des affaires ou d’accentuer son contrôle sur la société civile, mais entend aussi réécrire l’Histoire », etc. (Les Echos).

D’après ces médias lancés dans une guerre de désinformation contre la Chine, « dans un pays où l’histoire est traditionnellement utilisée pour légitimer le pouvoir, Xi Jinping a profité de cette résolution pour se présenter en héritier légitime du régime » (France 24) tout en organisant l’omerta sur les « tragédies infligées au pays sous Mao » (France 24).

Des « experts » de la Chine sont convoqués pour expliquer que depuis son arrivée à la tête du pays, Xi Jinping n’a cessé de centraliser le pouvoir entre ses mains, son ascension s’étant accompagnée d’un tour de vis envers toute forme de contestation, que ce soit à Hong Kong ou au Xinjiang. Les mêmes champions en affaires chinoises, à l’instar de M.M. Jean-Pierre Cabestan et Willy Lamm (AFP), estiment que « le numéro un chinois est davantage contesté en interne depuis qu’il a supprimé la limite des deux mandats présidentiels » (France 24).

Susciter la haine contre la Chine

Habituel dans les milieux médiatiques mainstream quand il s’agit de la Chine, un tel exercice de malhonnêteté intellectuelle vise à manipuler l’opinion mondiale, à affaiblir le soft power de la Chine en ternissant son image et à renforcer le sentiment antichinois dans le monde.

La crise du Covid 19 et les discussions orientées sur l’origine du virus ont en effet laissé libre cours en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique à un racisme vulgaire non dissimulé contre les communautés asiatiques. Cependant, une lecture attentive du texte de la Résolution de la sixième session plénière du comité central  du PCC démasque les mensonges de l’Occident.

Il révèle l’accent mis par les communistes chinois pour porter haut la bannière du socialisme à la chinoise, défendre le matérialisme historique et adopter une vision rationnelle de l’histoire, suivre les conseils du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Zedong, de la théorie de Deng Xiaoping, de la théorie des trois représentations, des perspectives scientifiques sur le développement et de la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise pour une nouvelle ère.

Les grandes étapes du développement chinois sous la direction du PCC

La Résolution récapitule les grandes étapes parcourues par la Chine sous la direction du Parti communiste et dévoile la signification intérieure de chacune de même que son rôle dans l’édification de la nouvelle Chine révolutionnaire et démocratique.

La première étape fut celle de l’opposition à l’impérialisme, au féodalisme et au capitalisme bureaucratique en vue d’obtenir l’indépendance nationale et la libération du peuple chinois, et de créer les conditions sociales fondamentales pour réaliser le renouveau national au moyen de l’adaptation des principes de base du marxisme-léninisme aux réalités spécifiques de la Chine ; cette étape vît la Chine servir d’inspiration aux peuples opprimés luttant pour la libération nationale et travailler au plan interne à l’édification d’un système industriel indépendant et relativement complet.

Ce fut l’œuvre de Mao Zedong. La deuxième étape maintenait le principe que seul le socialisme peut sauver et développer la Chine ; elle attribuait comme nouvelles tâches au Parti le développement économique, la sortie du peuple de la pauvreté et la prospérité de la Chine dans les plus brefs délais par la libération des forces productives ; la politique de réforme et d’ouverture devait baser la modernisation socialiste chinoise sur la théorie selon laquelle la vérité doit être déduite des faits. Ce nouveau pas dans l’exploration d’une voie chinoise du socialisme fut l’œuvre de Deng Xiaoping.

La troisième étape fut celle de la théorie des trois représentations qui consistait dans la construction d’une économie de marché socialiste avec la mise en place d’un système économique de base dual sous lequel la propriété publique est le pilier et diverses formes de propriété se développent ensemble, ainsi qu’un système de distribution des revenus sous lequel la distribution selon le travail est le pilier tandis que de multiples formes existent à ses côtés. Cette phase dans l’approfondissement du socialisme aux caractéristiques chinoises fut conduite par Jiang Zemin.

La quatrième étape du progrès chinois sous la direction du Parti et sous Hu Jintao et la théorie des perspectives scientifiques du développement faisait progresser l’innovation pratique, théorique et institutionnelle au cours du processus de construction d’une société moyennement prospère à tous égards orientée vers un développement global, équilibré et durable qui donne la priorité aux personnes.

Xi Jinping incarne l’ère du socialisme aux caractéristiques chinoises du XXIe siècle

La résolution de la sixième session du comité central du Parti communiste chinois déclare donc que le socialisme aux caractéristiques chinoises est entré dans une nouvelle ère. Si la Chine a rattrapé son retard à grand pas, il lui reste à réaliser le deuxième objectif du centenaire. Tout en défendant la position centrale du leader chinois au sein du Parti et de l’Etat, les communistes chinois présentent le spectaculaire développement économique, scientifique, technologique, militaire et culturel de la Chine actuelle comme le résultat de la fidélité du pays aux options du socialisme.

Ainsi, la pensée et la politique de Xi Jinping apparaissent comme la synthèse et le stade ultime de ce titanesque effort déployé par le Parti en vue de la rénovation du pays, sa prospérité et sa puissance. Elles recueillent le meilleur des époques précédentes et ouvrent des horizons nouveaux sur le plan de la pensée systémique et du développement coordonnée et intégrée. Elles représentent le marxisme de la Chine contemporaine, le socialisme chinois du XXIe siècle. Voilà ce dont il s’agit.

Dr Léon-Marie Nkolo Ndjodo

Université de Maroua

Département de philosophie

M.D en éducation comparée de l’Université normale du Zhejiang

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