Libération des 46 soldats ivoiriens : Abidjan dénonce un chantage de Assimi Goita

Alors qu’un semblant d’apaisement se faisait ressentir après la libération de 3 des 49 soldats incarcérés au Mali, le torchon s’est encore plus enflammé ce week-end entre les États malien et ivoirien.

Libération des 46 soldats ivoiriens
Libération des 46 soldats ivoiriens

En effet, depuis la libération des premiers soldats, les deux gouvernements sont en discussion afin de trouver des accords pour la remise en liberté des 46 autres.  Le Colonel Assimi Goïta exige pour ce faire, l’extradition de personnalités maliennes exilées en Côte d’Ivoire. Une proposition rejetée et qualifiée de « chantage » par le gouvernement ivoirien.

Mali – cote d’ivoire : le torchon brule !

Malgré la reconnaissance de part et d’autre, notamment des autorités ivoiriennes, d’incompréhensions, de manquements, de dysfonctionnements, et tous les autres qualificatifs qui vont avec ce genre d’erreur, la junte militaire malienne reste impassible, persuadée qu’elle détient à travers les 49 militaires, dont elle a libéré trois femmes, des otages qu’elle va pouvoir échanger contre des personnalités maliennes qui seraient sous la protection de l’Etat ivoirien.

Selon le journaliste Burkinabé Wakat Sera, «ces personnes dont, Karim Keïta, Boubou Cissé, Tiéman Hubert Coulibaly,  dont parlent le putschiste en chef [ASSIMI GOITA ndlr], et qui n’auraient d’ailleurs pas déposés pour de bon leurs pénates en Côte d’Ivoire, ne cherchent pourtant qu’à échapper au sort de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, pris dans la chasse à l’homme organisée par la junte malienne. En effet, l’ancien chef de gouvernement de l’ancien président, Feu Ibrahim Boubacar Kéïta, qui luttait contre la maladie dans les geôles des hommes forts de Bamako est mort, abandonné dans une clinique de la place, faute d’évacuation vers un plateau de soins adéquat.»

Abidjan crie au chantage!

Les réactions face à «l’appétit exagéré» du colonel Assimi GOITA, ne se sont pas faites attendre en terre ivoirienne. Exacerbée par l’attitude du gouvernement malien, la Coalition nationale pour le sursaut (CONASU), demande au président de la République ivoirienne, Alassane Ouattara de ne pas céder au «chantage honteux d’Assimi Goita».

«Que la junte au pouvoir au Mali oublie ce troc qu’elle veut imposer aux autorités ivoiriennes. Dites à Assimi Goita de se préoccuper de la vie de ses concitoyens maliens. Lui et ses camarades auront plus d’honneur à chasser les djihadistes de leur pays, le Mali. D’ailleurs en gardant nos 46 frères, Assimi Goita disperse ses forces. Jusque là, les jeunes de Côte d’Ivoire ont observé le ballet diplomatique. Comme c’est à ce jeu que la junte malienne nous invite, nous allons passer à une autre phase du soutien à la diplomatie préconisé par le président Alassane Ouattara. Dans les jours qui viennent nous allons parler aux militaires au pouvoir au Mali. Qu’ils sachent qu’ils ont plus à gagner en libérant sans délai nos 46 autres militaires encore au Mali», a martelé Zanga Coulibaly.

Dans le même sillage,  un ultimatum de 72 heures est donné par le porte-parole en chef de la CONASU, à Assimi Goita pour libérer les 46 soldats ivoiriens restant, faute de quoi, cette organisation et les jeunes ivoiriens se rendront à Bamako, les prochains jours. «Que le président Assimi se ressaisisse, nous les jeunes, nous allons lui donner jusqu’à 72 heures à compter de ce lundi 12 septembre 2022 pour libérer nos 46 soldats restants sinon nous-même, nous irons à Bamako le voir pour libérer nos soldats et je prends cet engagement au nom de la jeunesse ivoirienne pour dire que d’ici 3 jours, si nos militaires ne sont pas libérés, on sera à Bamako », a lâché Awassa Abdoul.

Le média ivoirien LINFODROME informe d’ailleurs ce lundi que la CEDEAO pourrait dans les jours à venir, engager de nouvelles sanctions contre ASSIMI GOITA.

Tir groupé de la presse ivoirienne à l’endroit de ASSIMI GOITA

La presse ivoirienne s’est longuement penchée sur cette affaire ce 12 septembre.

«Rebondissement dans la crise ivoiro-malienne», lit-on à la Une de Le Panafricain qui informe que «Pour la libération des 46 soldats, Assimi Goita pose de nouvelles conditions à Alassane Ouattara».

Le Jour Plus indique que «Assimi Goita renoue avec son honteux chantage». L’Inter qui est un peu plus précis, pointe à sa première page: «Pour libérer les soldats ivoiriens détenus au Mali, Assimi GoÏta exige l’extradition du fils d’IBK et d’autres exilés maliens. Abidjan dit non et crie au chantage».


Quant à Soir Info, on peut lire : «Détention prolongée des militaires ivoiriens au Mali, la colère monte à Abidjan contre Bamako».


En somme, loin d’être une mince affaire, les populations des deux pays ne sont pas à l’abri d’une crise sans précédent.

Gilles Noubissie

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