Mali : statut quo un an après IBK

Mali : statut quo un an après IBK

Dans un entretien accordé jeudi 19 aout 2021 au média « L’indicateur du renouveau », soit un an après la chute du régime Ibrahim Boubacar Keita, le président du mouvement Arc-en-ciel et AMC Maliba, Issoumaila Diallo, juge la gestion du pays déplorable.

Voici son analyse de la situation du Mali, un an après la chute du régime d’IBK, soit un an aussi de la transition en cours.

« Je dirais que le Malien est tout simplement étranger chez lui. Que dire des villages annexés, les Maliens sauvagement tués, maltraités chez eux et ailleurs, les ouvriers, menuisiers, surveillants des examens, une justice avec beaucoup de questionnements ? Sans se mentir, nous constatons que l’actuel gouvernement n’est pas à l’image de la Transition ni du peuple, et le CNT après tout ne pourra pas jouer véritablement sa partition, car elle n’est pas à l’image non plus du peuple, mais des faiseurs de celui-ci. Le président de la Transition son Excellence Assimi Goita doit se méfier des marginaux et revanchards. Qu’il se démarque de toute volonté de plaire à quelqu’un et que nous n’attendons de lui qu’Assimi le patriote, Assimi le Républicain. A Assimi, que tous les Maliens de bonne volonté sans exclusion aucune sont utiles pour la réussite de la transition. Nous l’invitons également à revoir la question de la justice. Que tous ceux qui sont impliqués de près et de loin dans des malversations soient admis à la justice. Nous osons croire qu’en vertu de la nature de la transition et de notre amour pour le Mali, dans la vérité, notre soutien au président de la Transition ne fera pas défaut ».

S’agissant des attentes des Maliens, le président du mouvement Arc-en-ciel dira qu’elles sont plus que jamais beaucoup par rapport à la tenue des élections.

« Nous osons croire que les gouvernants sauront tirés les leçons des élections passées, contestées. Le gouvernement doit s’inscrire rapidement à améliorer les insuffisances du code électoral et à s’atteler à l’organisation des élections sans complaisance aucune. Sans quoi nous aurions sué sous la pluie.

La question de la démocratie du peuple doit être traitée dans l’organisation des élections futures.

Les gouvernés doivent être imprégnés fortement de leur statut de faiseur du roi ou Président. Nous avons peur que le Premier ministre ne suive son agenda pour ses élections et non celles du peuple, ce serait un échec pour tous. Pour le Mali kura, il faut absolument que les gouvernants fassent le sacrifice ultime dans l’impartialité totale ».

Parlant du bilan de la Transition, après un an, M. Diallo dira qu’il est désastreux et pessimiste pour ce qui concerne les associations : « Contrairement à ce que beaucoup pensaient, il fallait faire tomber IBK, mais nous savons tous maintenant que c’est le Mali qui est tombé, et tend d’ailleurs à disparaitre si nous ne faisons pas attention. Pour nous, le bilan est lisible à la question liée à l’après IBK, rien n’a changé, et on ne sent aucune volonté ferme allant à la réussite de la transition. Mais par ailleurs, le bilan c’est putsch dans un putsch même si on ne le dit pas souvent car nous pensons que jusqu’à présent, il faut accorder une chance à Assimi. A cet effet, Assimi doit prendre toutes ses responsabilités en mettant le Mali au-dessus de tout, en travaillant sur le rapport entre gouvernants et gouvernés. Mais nous pensons que ce serait impossible avec ce gouvernement et ce CNT qui ont besoin de réajustements », a largement exprimé Issoumaila Diallo, président du mouvement Arc-en-ciel Mali et AMC Maliba, lors de cet entretien.

Gilles Noubissie

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