Médicaments de la rue : l'État abandonne le combat au seul Minsanté

Solange Kouakap, l’inspecteur général des services pharmaceutiques et des laboratoires au ministère de la Santé publique (Minsante) pointe un doigt accusateur sur les autres administrations qui répondent aux abonnés absents.

Médicaments de la rue

Sylvain YANGMAN journaliste à CRTV a interviewé l’inspecteur général des services pharmaceutiques et des laboratoires du sur la croisade contre les faux médicaments (Minsanté) .Dans cet entretien à bâton rompu diffusé le mercredi, 20 Avril 2022, Dr Solange Kouakap en guise états des lieux affirme que : « Aujourd’hui au Cameroun il existe un Plan national de lutte contre les faux médicaments et le trafic illicite des produits pharmaceutiques qui s’articule autour de trois axes : La prévention de la circulation des faux produits pharmaceutiques , l’axe stratégique numéro deux qui réduit le recours faux produits pharmaceutiques et enfin la réorganisation de la réponse institutionnelle de lutte avec la mise en place de l’agence nationale du médicament » À l’effet de lutter contre l’expansion de l’industrie du faux médicament, un Comité national multisectoriel de lutte contre les faux médicaments et le trafic illicite des produits pharmaceutiques a été créé le 18 novembre 2019. Ce comité, qui vise une meilleure coordination de la lutte, est présidé par le Minsanté.

La Primature y est représentée, ainsi que les ministères de la Justice (Minjustice), de l’Administration territoriale (Minat), des Finances (Minfi), de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), du Commerce (Mincommerce), le Secrétariat d’État à la Défense, chargé de la gendarmerie (Sed) et la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN), selon l’arrêté relatif à sa création. Seulement on observe juste les actions du Minsante sur le terrain. D’où le tir a bout portant de l’interlocuteur de Sylvain YANGMAN sur les autres ministères et administrations publiques impliqués dans la lutte contre les faux médicaments . « Quand on parle de lutte contre le faux médicament, on voit seulement le ministre de la Santé publique, mais la lutte est multisectorielle, c’est-à-dire que les autres ministères devraient jouer leur rôle », a-t-elle indiqué. Or, ce n’est pas le cas, dit-elle.


Elle en veut notamment pour preuve les vendeurs de médicaments de la rue, une pratique illégale et réprimée par la loi. « Quand vous voyez ces vendeurs de médicaments dans la rue, les forces de l’ordre devraient les arrêter automatiquement parce que la lutte contre le faux médicament est réprimée dans l’article 258 du Code pénal. Ces gens vendent des médicaments alors qu’ils ne sont pas légalement autorisés. Donc, il suffit de les attraper, mais les gens ne le font pas », a-t-elle déploré, précisant que tout médicament vendu hors du circuit licite est considéré comme un faux.

Le Minsante a bout de souffle ??

Seul acteur à jouer pleinement son rôle dans le cadre de cette lutte, les résultats restent mitigés. Tout le monde ou presque connait les lieux de vente des médicaments de la rue, malgré les dégâts qu’ils causent au sein de la population la vie suit son cours. Au sujet de la responsabilité du Minsante dans cette nébuleuse , Solange Kouakap affirme que « Le Minsanté fait ce qui lui revient, c’est-à-dire s’assurer que ce qui est dans le circuit licite est de bonne qualité notamment avec le contrôle à l’importation pour bloquer tout ce qui peut entrer comme faux conteneurs, puis des analyses au niveau du Lanacome sur le plan national pour se rassurer que ce que nous avons dans le circuit licite est de bonne qualité »

Sos institutionnel

Au pays de Samuel KELDA, les faux médicaments sont distribués à ciel ouverts en gros ou au détail. Des mains inexpertes les manipulent dans des conditionnements approximatifs. Une situation inacceptable qui doit s’arrêter. D’où la croisade du Minsanté dans la croisade de lutte contre les faux médicaments. Celle-ci aura une chance de réussir si tous les acteurs impliqués jouent leurs partitions. « Nous interpellons ici les autres administrations à rentrer réellement dans le jeu pour que la répression, qui dépend vraiment d’elles, puisse prendre corps. On a vu le sous-préfet de Yaoundé 6 qui demande qu’on ferme toutes les structures illicites dans sa circonscription. Donc, nous voulons que tous les autres suivent le pas. (…) Le faux médicament à un impact négatif sur le plan sanitaire, économique, sécuritaire. Donc, il faut réellement que les autres administrations se lèvent », A bon entendeur !?

Thierry EDJEGUE

Leave a comment

Send a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.