Minerai : Un métier peu connu dans l’univers du sable

Minerai : Un métier peu connu dans l’univers du sable

Bien qu’encore informel le « coxage » constitue une activité non négligeable dans la commercialisation de cet agrégat important pour la construction des infrastructures.

Traverser Olembé, un quartier de l’arrondissement de Yaoundé 1er, dans le département du Mfoundi, donne l’occasion à tout usager d’admirer une gamme variée des différents minerais (sable fin et sable Sanaga) exposés en tas sur le sol ou alors étalés dans les bennes de camions de dix ou douze roues. Un détour tout aussi interpellateur lorsque votre passage vous offre aussi l’opportunité d’être en contact avec des travailleurs de fortune postés aux abords du bitume qui dessert cette portion de la capitale camerounaise et reconnus sous le nom de « coxeur ».

Feuille de route du « coxeur »

« Bonjour, 5/15, 15/25, sable fin, sable sanaga », la rhétorique est très souvent respectée par les hommes et les quelques femmes exerçant ce métier, dès qu’apparait dans le viseur de ceux-ci, un visage inconnu de ce cercle. Des paroles très souvent décryptées par tout acheteur qui comprend aisément qu’il s’agit d’une présentation brève des différents calibres de graviers et les types de sable. Des granulats nécessaires pour la construction de routes et autres édifices publics ou privés, répondant aux normes actuelles de modernité. Aussitôt la réponse donnée, c’est alors qu’entre en jeu, la dextérité verbale ou gestuelle de chaque ‘’coxeur’’ qui tentera d’aguicher le client en lui proposant de continuer la conversation à l’intérieur d’un bureau de vente de ces agrégats ou à travers une présentation plus détaillée des prix en droite ligne avec la commande de l’acheteur. Un compromis trouvé, s’en suit donc quelques manœuvres de la part du débrouillard auprès des chauffeurs de camions et des établissements pour parvenir livrer le produit dans le chantier.

L’intégration au « Coxage »

Comme la plupart des métiers informels, l’insertion au Coxage, nécessite une maitrise des principes moraux qui régissent cette activité. « Je suis entré dans le métier après l’obtention de mon Baccalauréat ‘’D’’ au lycée d’Emana en 2002. Faute de moyen pour continuer à l’université, un grand-frère du village m’a introduit dans ce secteur » déclare Mesmer Atangana, coxeur à la base de sable sis à Olembé. Accéder au titre de coxeur, passe de façon explicite par le parrainage d’un ainé de la corporation. Un cercle quelque peu hermétique de ces chômeurs déguisés qui servent de tremplin entre les chauffeurs de camions, les établissements agréés et les clients. Ils vivent de quelques dividendes, tirées à la suite de la vente d’un certain volume de sable ou de gravier. Un travail qui illustre à aisance la réalité de la société camerounaise, en proie à un taux de sous-emplois au-dessus de 75%, pour une population jeunes estimée à plus 65%. Une jeunesse malheureusement abandonnée et désœuvrée, contrainte de se livrer à des petits métiers. Un choix précaire, en attendant que les 4% de la minorité de la population, ces gestionnaires de la fortune, ces sexagénaires du régime de Yaoundé ne consentissent à prendre un jour cette retraite clamée par les organisations internationales et rêvée par cette jeunesse sans lendemain.

Brice Ngolzok

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