Pagne : Un marché très pauvre et frileux pour Cicam

Pagne : Un marché très pauvre et frileux pour Cicam

La production de cette entreprise est essentiellement axée sur le pagne très peu prisé par la population.

L’impression importation de la friperie joue en la défaveur de la Cicam. Très bon marché les vêtements issus de cette industrie s’arrachent comme des petits pains. A cela s’ajoute des tissus venus du Nigeria et de l’Afrique de l’Ouest sans véritable contrôle. Une situation qui a fini par envoyé la cotonnière industrielle du Cameroun à l’actif de la mort. https://www.focusmediaafrique.com/cameroun-la-cicam-amorce-peniblement-sa-descente-aux-enfers/

L’hypothétique marché locale  

Depuis 2013, la production du pagne est stabilisée autour de 10-11 millions de mètres, largement dominée par les produits événementiels relatifs aux festivités majeures dans le pays comme la Journée internationale des femmes (08 mars), la fête du travail (1er mai) et la fête nationale (20 mai). Seulement la crise sanitaire a durement impacté le secteur au point de le fragiliser. A genou la Cicam a cessé de produire pour alimenter les pays limitrophes (Tchad, RCA) où l’industrie textile a totalement cessé ses activités .

Pays multiculturel, les camerounais restent occidentalisés dans leurs vestimentaire. Selon Dubois Meke ONANA, s’habiller africain est un luxe. Malheureusement les dignitaires censés donner l’exemple continuent de faire leurs courses en Europe au détriment de la jeune industrie embryonnaire locale qui bat de l’aile.

Urgence d’une réforme sociale pour s’approprier notre pagne

La mort de la Cicam si elle venait à être prononcé serait un échec social d’un peuple qui continue à vivre et à se comporter comme un mercenaire.  Tout le monde ou presque copie bêtement le modèle de vêtements à la télé ou sur les réseaux sociaux et essaye de le réaliser pour afficher sa réussite. Il n’existe pas de journée où on s’habille en tissu pagne locale encore moins en tenues traditionnelles. De telles initiatives auraient pu donner une bouffée d’oxygène au maigre marché de la Cicam.

Dans la nouvelle Stratégie Nationale de Développement (SND30) il est envisagé un rapprochement stratégique entre la SODECOTON et la CICAM, pour constituer un pôle industriel intégré autour duquel sera structurée la filière coton-textile. Selon Philippe NSOA, journaliste économique, avec cette  perspective, le gouvernement pense à intégrer la transformation industrielle de la fibre locale pour atteindre un taux minimum de 50% à l’horizon 2030 (contre 5% actuellement); développer une industrie de fabrication et de confection des tenues, notamment de sport (maillot, survêtement, basket, etc.), capable de satisfaire au moins 50% de la demande nationale ; et fournir les grands corps de l’Etat (militaires, policiers et civils), en tenues et équipements vestimentaires incorporant au moins 60% du coton camerounais. Just wait and see.

Thierry EDJEGUE

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