Recettes routières : L’improbable matérialisation des péages automatiques

Le projet instruit au ministère des Travaux public en 2009 par Philémon Yang, l’ancien premier ministre camerounais ne parvient toujours pas à être effectif sur le terrain.

Le projet instruit au ministère des Travaux public en 2009 par Philémon Yang, l’ancien premier ministre camerounais ne parvient toujours pas à être effectif sur le terrain.

La présentation ce 03 novembre 2021 de la maquette d’un péage au kilomètre 25 sur l’autoroute Lolabé-Kribi, dans le département de l’Océan, région du Sud, à la suite d’une téléréunion présidée quelques jours plutôt par le patron des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi relative au bouclage financier du contrat pour le financement des 14 postes de péage automatique sur certains axes routiers sont venus réveiller les nombreuses vicissitudes qui entourent la réalisation de ces infrastructures. Des gorges chaudes de certains riverains des zones d’implémentation de ces postes de péage. « Vous parlez de certaines avancées visibles alors que depuis la pose de la première pierre effectuée le 10 décembre 2020, en présence de tous vos gens de Yaoundé, on ne voit rien ici à Mbakomo. Même le programme d’expropriation et d’indemnisation n’a pas évolué et vous nous dites que c’est pour bientôt. Allez faire votre politique à Yaoundé. » s’insurge un autochtone rencontré sur le futur site du poste de péage de Mbankomo, dans le département de la Mefou et Akono, région du Centre. Une colère sans doute légitime de ce résident au regard de l’évolution de ce projet. En effet, la visio- conférence conduite par l’ingénieur en chef de ce ministère s’est appesantie sur les phases de conception, de construction, d’équipement, d’exploitation et de maintenance des 14 postes de péage automatique, des étapes que le grand public pensait déjà résolu.

Historique du projet

Les travaux de la 8ème session du Conseil National de la Route du 10 Décembre 2009 marque le début de ce projet. Rencontre au cours de laquelle le premier ministre Chef du Gouvernement a donné des instructions au ministère des Travaux Publics de conduire le projet d’automatisation des quatorze postes de péage sur les axes Yaoundé-Douala-Limbé, Yaoundé-Bafoussam-Bamenda, Douala-Bafoussam et l’accès à l’aéroport de Nsimalen. Un projet évalué à 28 milliards de FCFA sous la base d’un marché public et abandonné après sept (7) ans de réunions administratives. Un processus effectué sous la direction d’un comité interministériel mis en place par l’ancien Premier Ministre Philémon Yang auquel fût joint de nombreux services à l’instar du Conaroute, le fonds routier, les ministères des Transports, de l’Economie, des Finances, le conseil national des chargeurs ainsi que les syndicats des transporteurs à l’effet de suivre ces études. Le passage au mode Partenariat Public Privé, le 05 avril 2016 sur la base d’une étude technico-économique à partir de l’Avant-Projet Détaillé, augurait pourtant de nombreux espoirs pour la suite. Oh que non ! Car aujourd’hui, le partenaire privé Tollcam Partenariats SAS, Groupement adjudicataire du marché depuis le 18 mai 2020, présente le groupe Guarantco comme le nouveau garant des prêteurs en lieu et place des français Proparco et Société Général, précédents investisseurs financiers qui n’ont pu trouver un terrain d’entente après 01 an de négociation. Une nouvelle contrainte avant l’implémentation de ces 14 postes de péage qui évoluent à pas de tortue depuis plus déjà 12 ans.

Gains attendus

Le projet envisage de façon concrète des gains évalués à 7 milliards en 2021, pour atteindre 53.59 milliards en 2039 sur la base d’un tarif unique fixé à 500 FCFA. En plus, Les recettes nettes à reverser à l’Etat partiront de 5.482 milliards en 2021 à 48.995 milliards en 2039 (fin du contrat). Alors pourquoi une telle lenteur dans le processus de construction de ces péages ? Des prévaricateurs tirent ils-avantages de l’absence de péages automatisés au Cameroun ? A qui profite ces manœuvres obscurs autour des péages modernes ? Des interrogations qui ne sauraient trouver des réponses exactes sans une véritable enquête. Pour l’heure il est important de tirer des bénéfices de cette initiative. Pour ce faire, il faut bien matérialiser ces postes importants de recettes routières et ça ! c’est décidément un miracle pour les gestionnaires de ce projet. En effet, ces infrastructures n’affichent pas les prémisses d’une construction à venir et encore moins des signes prometteurs en vue d’un respect des délais, car ce projet à hauteur de plus 28 milliards de FCFA est censé être livré en mai 2022 soit 24 mois après l’attribution du contrat.

Brice Ngolzok

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