Société : La double nationalité de toutes les controverses

Société : La double nationalité de toutes les controverses

Les enjeux autour de ce concept font tout de même état de certains arguments qui diffèrent selon chaque partie.

La grande palabre qui oppose depuis plusieurs années les laudateurs ou pourfendeurs d’une part, face aux contempteurs ou critiques du principe de la double nationalité fait de ce débat un véritable serpent de mer. Des arguments de part et d’autres des différents interlocuteurs qui font de ces deux mots, devenus apparemment des maux sociaux car ils divisent aujourd’hui les fils et filles du Cameroun. Au demeurant la loi du 11 juin 1968 portant code de la nationalité camerounaise dispose dans son 1er chapitre, article 02 que : « La nationalité camerounaise s’acquiert ou se perd après la naissance, par l’effet de la loi ou par une décision de l’autorité publique, prise dans les conditions fixées par la loi. »

Critiques du concept

Les défenseurs de la nationalité unique ou détracteurs de la double nationalité prennent pour arguments des textes contenus dans la constitution sur les éléments de déchéance de la nationalité camerounaise. Notamment les dispositions de l’article 31 où il est inscrit que le camerounais majeur, qui acquiert ou conserve volontairement une nationalité étrangère, perd de fait sa nationalité camerounaise. Au-delà de ce raisonnement légal ceux-ci estiment que la diaspora n’a pas un grand apport dans l’économie du pays. En effet, les chiffres 2019 sur la contribution de la Diaspora au PIB était de 185 milliards de FCFA soit 0.9% en valeur relative. Entre autres les pourfendeurs de la nationalité unique sont de plus en plus réticents à ces compatriotes installés à l’extérieur du fait de ces camerounais qui n’ont de cesse menés des actions de rébellion à l’endroit des institutions camerounaises. Les mouvements réguliers de la « Brigade Anti Sardinard (BAS) » devant l’hôtel Continental en Suisse contre la gestion globale du pays et la longévité au pouvoir du président de la République, Paul Biya ne sont pas de nature à favoriser la matérialisation de la double nationalité par les décisionnaires d’Etoudi. « Les camerounais de la Diaspora, affirme le député RDPC Henri Louis Ngatcha doivent savoir que le linge sale se lave en famille et quelques soient les revendications le chef l’Etat est d’abord une institution. Alors mépriser le président, c’est s’attaquer aux emblèmes nationaux et par conséquent aux Institutions. »

Défenseurs du concept

Les panégyristes de la double nationalité sont en grande majorité des camerounais qui résident hors des frontières ou alors qui gagnent leurs vies à l’extérieur. Pour ces derniers les textes relatifs aux principes de la nationalité au Cameroun sont quelque peu obsolètes et devraient rapidement être revisités. De nombreux vides juridiques qui selon ces thuriféraires. Ceux-ci proposent une plus grande adaptation de ces textes au regard de ce qui est observé dans d’autres pays. En plus selon un rapport 2018 de l’agence internationale Henley & Partners :« L’indice interne compte pour 40 % de note octroyée au Cameroun, alors que l’indice externe représente pour sa part 60 % de la note ». L’indice externe étant la capacité des citoyens d’un pays à voyager librement à l’étranger sans visa, ainsi que les avantages dont ils bénéficient en tant que résidents étrangers dans d’autres pays. Dans ce rapport le Cameroun occupait le 144e rang du classement sur un total de 159 pays. L’une des thèses défendues par les camerounais de l’extérieur est aussi cette apport indéniable dans l’économie assez névralgique du pays de Paul Biya. Un taux de croissance (2020 exclut) certes positif depuis Le point d’achèvement de l’Initiative PPTE mais apparemment pas visible dans le porte-monnaie de la population. Ainsi, l’expertise des compatriotes d’ailleurs s’avère un impératif pour mieux atteindre les objectifs globaux de développement. Deux tendances, deux pensées aux arguments convaincants qui ne demandent qu’à trouver la bonne formule pour mieux encadrer cette problématique. La double nationalité n’est ni bonne ni mauvaise, tout dépend de la façon avec laquelle on devra la conduire pour paraphraser le sage philosophe Descartes

Brice Ngolzok

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