Societe : La plaidoirie du barreau au sujet de la vaccination contre le coronavirus

La commission des droits de l’homme et de liberté de cette institution s’indigne des pratiques gouvernementales actuelles pour stopper la propagation du covid-19.

La déclaration signée le 15 Octobre 2021 par Me Christian Daniel Bissou renseigne l’opinion sur les griefs que le barreau a observé dans la campagne vaccinale en cours au Cameroun. Le document nous apprend que « Le vaccin anti-covid-19 a été imposé par note de service, lettre, geste ou injonctions : Le ministre de la sante publique en a fait une obligation dans ces services depuis le 12 Juillet 2021. Le 12 Août 2021 la direction de l’hôpital général de Yaoundé. Le 04 Octobre la direction général de la Sopecam. Le 07 Octobre le gouverneur de l’Est et le 08 Octobre par le ministre secrétaire général de la présidence de la république. >>

A cette liste on peut ajouter Le ministre de la fonction publique ou de l’administration territoriale qui ont eux aussi imposé le vaccin à leurs services, certains allant jusqu’au cadre familial. Ces moyens de pression appliqués par le gouvernement qui ne sont guère appréciés par la Commission des droits de l’homme et des libertés du barreau. Dans la même déclaration, elle déplore ces méthodes qui lui paraissent « une grave atteinte aux libertés »

Un mot sur le taux de couverture vaccinale au Cameroun

Le communiqué rendu public par les avocats et devenu virale sur les réseaux sociaux donne des précisions sur le volume de vaccination dans notre pays. Le taux de couverture vaccinale actuel et futur se présente comme suit en date du 14 Octobre 2021 :

•1.6 %de population vaccinée

•20% devrait l’être en décembre 2021

•60% devrait l’être en décembre 2022 loin des exigences de l’OMS qui fixe la barre à 80% de la population à l’horizon 2021.

Des chiffres assez inquiétants permettent de comprendre pourquoi certaines doses de vaccin astrazeneca se sont périmées. Pour essayer d’inverser la tendance, certaines autorités administratives conditionnent désormais l’accès aux locaux de leurs administrations respectives en présentant un test anti-Covid 19 pour certains et un carnet de vaccination pour d’autres.

La problématique de l’obligation du vaccin

La survenue du vaccin anti covid-19 apparait comme la méthode efficace de lutte contre la pandémie. Seulement en l’absence d’une règlementation qui en fait une obligation, son caractère reste volontaire. Pour les avocats « Le législateur et le législateur seulement a le pouvoir de déterminer le caractère obligatoire des vaccins que pour des raisons de santé publique », Par consequent cela ne relève pas de la compétence d’un ministre ou d’un organe administratif. Par ailleurs, il n’existe aucun texte au niveau national ou international imposant l’obligation d’un vaccin, fût-il contre le Covid-19. Me Christian Daniel Bissou et sa commission invite les autorites de santé publique à multiplier des seances publiques d’information et des programmes d’éducation des communautés sur l’évolution de la science. Il invite le législateur camerounais à fixer un cadre normatif général et surtout à cesser toute forme de discrimination sur les non vaccinés.

Thierry EDJEGUE

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