Agriculture : La banque mondiale s’investit dans la vallée du fleuve Logone

L’instance financière accorde 200 millions de dollars pour renforcer les services d’irrigation dans cette partie arable de la région de l‘Extrême-Nord du Cameroun.

Agriculture : La banque mondiale s’investit dans la vallée du fleuve Logone

116 429 320 000, c’est le montant en franc CFA que la banque mondiale est prête à mettre à la disposition du Cameroun afin d’asseoir plusieurs activités agropastorales dans la vallée du fleuve Logone en pleine région de l’Extrême-Nord. L’information relative à cet appui a été confirmée le 02 décembre dernier à Washington à la suite de la rencontre tenue 48 heures plutôt par les responsables du groupe bancaire qui approuvaient ainsi un crédit de l’Association Internationale de Développement (IDA). Un montant brut de 200 millions de dollars américains pour soutenir la production agricole du Cameroun dans la vallée de la Logone au Cameroun qui fait aussi partie du bassin du lac Tchad.

Un accompagnement qui entre dans le cadre du projet de Valorisation des Investissements dans la Vallée du Logone (VIVA Logone). Un programme qui compte s’appesantir de façon spécifique sur la sécurité hydrique régionale et la gouvernance des ressources en eau, au travers de la réhabilitation des infrastructures d’irrigation et de drainage et l’appui aux associations d’usagers de l’eau. Le projet envisage aussi : à promouvoir la production agricole et agroalimentaire, à mettre en œuvre un plan de transformation de la SEMRY (Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua) et à renforcer les services publics.

A ce titre Abdoulaye Seck, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun déclare que : « Une série de facteurs, allant de la fragilité écologique à l’insécurité liée à la violence, ont contraint le secteur agricole camerounais à une agriculture de subsistance à faible productivité et à faible production, en particulier dans l’Extrême-Nord. L’irrigation est fondamentale pour assurer la sécurité alimentaire et contribuer à réduire les risques de conflits dans cette zone agroécologique soudano-sahélienne qui est la plus fragile écologiquement et la plus vulnérable aux chocs climatiques. Le développement de la vallée de la Logone joue un rôle important dans la résilience des communautés vulnérables, des moyens de subsistance et des écosystèmes, y compris leur capacité à mieux faire face et s’adapter à l’impact des chocs climatiques. »

Un propos du patron camerounais de l’instance de Bretton Woods qui n’est pas sans rappeler les récentes altercations auxquelles se sont livrés deux principales tribus de la capitale du Logone et Chari qui ont entrainé des pertes en vie humaine évaluées à plus d’une vingtaine de personnes. Des victimes originaires des tribus Arabes Choa mais aussi Mousgoum avec toutes les conséquences à la fois internes et externes que ces affrontements ont causées. Le projet financé par l’IDA va ainsi, bénéficier à différents groupes de personnes pauvres : les agriculteurs pauvres, en particulier les femmes, en améliorant leur capacité à accroître la productivité de l’irrigation et rendant possible le doublement de l’intensité culturale ; et par des investissements dans les infrastructures et un soutien à l’intensification de la production, à l’amélioration de l’irrigation et du drainage. En outre, une meilleure gestion des inondations, y compris l’extension du système d’alerte précoce à 300 km, profitera aux habitants de la vallée du Logone, tant au Cameroun qu’au Tchad.


Pour ce faire Le projet comportera trois volets principaux : le premier améliorera les infrastructures et la gestion de l’eau ; le second favorisera la production et appuiera les services agricoles et le troisième appuiera le développement du secteur et la mise en œuvre du projet. Il est à rappeler que cet appui fait suite au dernier « Mémorandum économique sur la région du lac Tchad : développement pour la paix ». Un plaidoyer de la Banque Mondiale dont la vision est de combler d’importantes lacunes en matière de connaissances en vue d’éclairer le débat sur l’action à mener face aux défis et aux opportunités d’une croissance économique durable et plus inclusive dans la région du lac Tchad.

Brice Ngolzok

Leave a comment

Send a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.