Banque mondiale : Mémorandum pour une paix dans le bassin du Lac Tchad

L’instance financière internationale vient de commettre un rapport économique afin de d’envisager le développement des populations dans cette zone.

Banque mondiale : Mémorandum pour une paix dans le bassin du Lac Tchad

Véritable action d’anticipation de la part de la Banque mondiale à travers la présentation récente d’un mémorandum économique pour le développement durable de la paix dans cette zone stratégique du continent. Un rapport prophétique au regard des affrontements intercommunautaires qui opposent les Arabes Choa aux Mousgoum depuis 07 décembre dernier dans les localités de Mariam et Ouloumsa, à environ trois kilomètres de la ville de Kousseri. Des disputes sanglantes qui font état d’une vingtaine de personnes mortes et 26 autres blessées. Pour ce qui est des dégâts matériels, c’est sensiblement trois villages dont le marché central de Kousseri incendiés.

Des violences dans cette région frontalière entre le Cameroun et le Tchad qui rappellent bien à la mémoire de quelques observateurs des activités de la Banque mondiale, la visio conférence effectuée le mois dernier par les responsables du groupe financier avec pour objectif d’appuyer les efforts de paix afin d’assurer un développement à long terme entre les quatre pays présents dans cette zone. Selon le communiqué mis à la disposition de votre rédaction le 15 novembre dernier : « La région du lac Tchad, une zone partagée entre le Cameroun, le Niger, le Nigéria et le Tchad, où vivent environ 30 millions de personnes, est confrontée à des défis croissants liés à la faiblesse du capital humain, aux déficiences de la sécurité des citoyens, à l’instabilité régionale, aux carences des infrastructures de connexion, au changement climatique, à l’exclusion sociale et à la gouvernance. Ces défis qui se renforcent mutuellement ont donné naissance à une région fragile caractérisée par des conflits et des violences, une pauvreté persistante, des opportunités économiques limitées, la dégradation des sols, l’insécurité et le mécontentement des populations à l’égard des institutions étatiques. »

Pour ce faire les responsables de l’institution bancaire de Bretton Woods ont tenu à s’investir pour la viabilité à venir de cet espace auquel est rattaché le Cameroun, le Niger, le Nigéria et le Tchad. Ainsi, les travaux conduits par des experts à l’instar : Boutheina GUERMAZI, la Directrice de l’intégration régionale pour l’Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Banque mondiale ; Takaaki MASAKI, Economiste, Banque mondiale ; Marco HERNANDEZ, Economiste principal, Banque mondiale visait à développer des stratégies pour un plus grand épanouissement des riverains.

La région du lac Tchad, une zone économiquement et socialement intégrée en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, est confrontée à de nombreux défis de développement multidimensionnels qui se traduisent par une faible croissance économique, des opportunités limitées et la fragilité. Parmi les fragilités on peut noter : Les taux de pauvreté, la croissance économique et d’autres indicateurs socio-économiques de base dans le bassin du lac Tchad sont encore à la traîne comparée aux autres parties des pays concernés. Le mémorandum dégage donc quatre domaines d’intervention transversaux susceptibles de générer de la croissance, notamment la facilitation des échanges, les infrastructures de connexion, le renforcement de la gouvernance et une meilleure gestion des ressources naturelles. Des modules fondamentaux pour réduire efficacement la stagnation perpétuée par l’intrication négative de la faible densité, les longues distances et les profondes divisions sociales, culturelles et ethniques qui caractérisent la géographie économique de la région ; et le changement climatique et les conflits qui exacerbent ces défis de développement.

Brice Ngolzok

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