Cameroun : Le Cameroun traîne le pas pour célébrer la culture africaine.

Cameroun :  Le Cameroun traîne le pas pour célébrer la culture africaine.

Deux ans après que l’UNESCO ait institué la journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante, aucune manifestation officielle n’a été organisée 

Le 24 Janvier est la date retenue pour la célébration des manifestations et autres festivités liées à la journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante. Le long parcours du combattant démarre en 2006 à Addis Abeba en Éthiopie lors de la signature de la charte de la renaissance africaine par les chefs d’États africains.  

Ensuite suivi la phase de ratification. Le Togolais John AYITE DOSSAVI, fondateur du réseau africain des promoteurs d’évènements culturels (RAPEC) s’est saisi de ce traité, appuyé par une des recommandations fortes issue d’un premier congrès panafricain sur la place de la culture africaine dans le développement de l’Afrique, pour mettre sur pied une campagne internationale en faveur de la journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante.  

Des équipes pour sensibiliser les africains de par l’Afrique et de par le monde sont donc mises sur pied. En Afrique Centrale et au Cameroun particulièrement, la lourde tâche a été confiée à sa majesté ESSOMBEY NDAMBWE NESS Ruben, roi de Sodiko qui a été chargé de porter le plaidoyer auprès de ses pairs chefs et autres responsables étatiques. Voilà comment de manière officieuse alors que nous n’en sommes qu’à la phase des projets, cette journée est célébrée dans le village bouchongo à Douala en 2017. L’année suivante, ce fut au tour de l’amicale des chefferies de Yaoundé 3 d’organiser des manifestations. Mais en 2018, cette journée n’a pas été commémorée à cause de la guerre contre boko haram. Deux ans après, aucune action officielle n’a été entreprise par les autorités camerounaises, malgré les multiples appels de bal des acteurs de cette bataille.  

Du côté du Togo avec le soutien de certains pays comme l’Afrique du sud, le projet est porté à L’UNESCO. C’est ainsi que le 24 septembre 2019, la réunion préparatoire du comité exécutif valide le projet et décidé d’instituer une journée officielle de célébration. Le 15 Octobre 2019, ce comité exécutif adopte définitivement cette idée de célébrer la culture africaine le temps d’une journée. Pour Laurentine Assiga, présidente du réseau des journalistes culturel, << C’est un juste retour à la normale parce qu’on ne peut pas se lever chaque jour et dire oui l’Afrique est le berceau de l’humanité tout en lui niant certains avantages. Maintenant s’ils se sont arrêtés un moment pour célébrer la journée de la culture africaine d’autant plus que ce qui remonte à l’égyptologie avec ses corollaires quand on sait que les plus grandes civilisations viennent d’Afrique et que celle-ci s’est répandue dans le monde. Donc renier ça à l’Afrique, renier cette paternité à l’Afrique était un crime de notre point de vue >>

 Aujourd’hui que les africains ont l’onction des institutions internationales, ils se doivent impérativement de cesser toute forme de victimisation, d’apitoiement sur soi et autres jérémiades qui sont devenues le lot quotidien de certains, suite au génocide culturel et patrimonial que l’Afrique a connu pendant la colonisation, en posant des actes forts symboliques. Tout en cessant de l’occidentaliser. Chaque État est libre de concevoir la célébration de cette journée chez lui. Selon sa majesté Essombey Ness Ruben, l’idée est de célébrer cet événement de manière différente : << En demandant à chacun là où il est de poser un acte ou un geste en faveur de la culture africaine. C’est à dire que chacun là où il vaque normalement à ses occupations en posant un acte de culture, que les élèves aillent à l’école et les travailleurs s’habillent le jour en tenue traditionnelle, les restaurateurs proposent des mets traditionnels, les médias audiovisuels proposent des programmes en langues maternelles >>. Après avoir effectué un mini tour du pays, on se rend plutôt compte que la nation toute entière vibre au rythme du CHAN 2021 qu’elle organise avec plus ou moins de succès.  

Thierry EDJEGUE 

Leave a comment

Send a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.