Cameroun : Le visage hideux des partis politiques

Cameroun : Le visage hideux des partis politiques

Leur nombre sans cesse croissant dans le Landerneau politique peut être synonyme d’un énorme malaise sur leur fonctionnement interne et structurel.

Il est difficile aujourd’hui de classer les plus de trois cents partis politiques existant dans un quelconque bord. Car les leaders sont versatiles. Vision et philosophie sont modulables au gré du volume de l’enveloppe du sponsor. Pour qui roule réellement les partis politiques dans ce pays ?

Grosse bataille endogène et exogènes pour le contrôle des formations politiques

Les partis politiques ont pour but ultime la conquête et la conservation du pouvoir. Au pays de Paul BIYA la réalité est tout autre. On crée des formations politiques pour des fins qui n’ont rien avoir avec les enjeux politiques.  Pour Eric Boniface TCHOUAKEU chroniqueur politique, le Cameroun possède des entreprises politiques :  » En réalité nous avons plus des boutiques politiques composées du leader et quelques amis. Ce sont des marchands voir des entrepreneurs politiques à la solde du régime. «  En clair, le pouvoir en place divise l’opposition en créant des pseudo partis politiques pour mieux régner. Dans un contexte où trouver un emploi décent est difficile, habité par la famine, certains créaient des partis politiques et les utilisent comme moyen de pression ou de chantage pour avoir des dividendes.

Le Cameroun a besoin d’une arène politique crédible, c’est un gage de démocratie véritable. Les formations& politiques de l’opposition devraient représenter une façon de penser autrement, une représentation d’une partie du peuple.  Hélas ce n’est pas le cas. Égoïsme et népotisme ont pris le dessus. Le mouvement de réflexion et d’action pour la démocratie camerounaise (Camer action) dresse une liste de quelques maux qui plombent la scène politique. Il s’agit de :

– Les partis politiques sont créés sur la base familiale ou ethnique ;

-L’organisation interne est personnalisée autour du leader ;

– Manque crucial de moyens financiers ;

-Activités saisonnières et manque d’engagement des populations ;

-Monnayage des gains électoraux des partis politiques.

Le manque de préparation, le manque de sérieux, le tribalisme, le mépris des valeurs démocratiques au sein de leur

Propre parti, sont l’apanage de beaucoup de leaders d’opposition. Certains partis ont le même leader depuis la création ce qui freine toute émulation interne.

La création d’un parti politique est la chose la plus facile

La loi numéro 90/056 du 10 décembre 1990 portant sur la création des partis politiques dispose en son chapitre deux que » La demande de création d’un parti politique se fait par le dépôt d’un dossier complet auprès des services du gouverneur territorialement compétent. » et l’article 5 donne la constitution du dossier, il s’agit de :

– la demande timbrée indiquant les noms, adresse ainsi que l’identité complète, la profession et le

Domicile de ceux qui sont chargés de la direction et/ou de l’administration du parti ;

– le bulletin N° 3 du casier judiciaire des dirigeants ;

– le procès-verbal de l’assemblée constitutive en triple exemplaire ;

– les statuts en triple exemplaire ; ‘

– l’engagement écrit avec signature légalisée de respecter les principes énumérés à l’article 9 ci-dessous ;

– un mémorandum sur le projet de société ou le programme politique du parti ;

– l’indication du siège.

Dans l’absolu, rien de compliqué qui peut d’ailleurs se faire en un jour. On comprend mieux pourquoi la plupart des formations politiques sont des excroissances des famille des dirigeants assoiffés de pouvoir et de gloire.

Thierry  EDJEGUE

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