Déficit Energétique : L’urgence d’une ouverture tout azimut de ce secteur s'impose

Déficit Energétique : L’urgence d’une ouverture tout azimut de ce secteur s'impose

Le Cameroun doit davantage décentraliser le champ de la production énergétique aux opérateurs privés pour permettre d’atteindre une capacité installée, capable d’impulser l’industrialisation et atteindre l’Emergence en 2035.


Existe-t-il une véritable politique gouvernementale en matière d’électrification au Cameroun ? comment pallier aux problèmes d’accès à l’eau et à l’électricité au Cameroun ? ce sont là quelques interrogations relevées le 28 juin 2021 par les députés camerounais devant le ministre Gaston Eloundou Essomba. Face à ces questions, voici quelques réponses du patron de l’Eau et de l’Energie : « Sur le plan national, plus de 60% des poteaux en bois sont vétustes. La vétusté et la surcharge des équipements de production et le manque d’entretien sont les principales causes des délestages ».

Pour le cas spécifique du septentrion, il a souligné que : « L’une des causes des délestages dans le réseau interconnecté Nord, c’est la mauvaise pluviométrie et les chutes des poteaux ». Pour y faire face, « 27 groupes électrogènes ont été transférés et la mise en place des projets des centrales solaires » a-t-il rappelé.

Ainsi, le Cameroun devra selon le fils du le Département de la Mefou et Akono, mobilisé 6000 milliards de Fcfa à l’horizon 2035 pour atteindre une électrification pour tous. Des prévisions plutôt illusoires quand on sait que le pays a seulement 1600 méga watts, de capacité installée d’énergie électrique en 2020. Une production bien en deçà des prévisions effectuées par le Cameroun dans son Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi(DSCE). Programme à l’intérieur duquel il était envisagé une production minimum d’énergie électrique de 3000 méga watts au cours de cette période charnière qui marque la seconde phase de ce plan étalé désormais entre 2020-2030. Un déficit de 1400 méga watts, soit plus de 46% en valeur relative qui vient ainsi relancer le débat sur une plus grande décentralisation de ce secteur crucial du développement d’un Etat.

Monopole peu productif






Avec un potentiel énergétique estimé à 23 000 méga watts selon de nombreux experts, le Cameroun constitue le second bassin hydroélectrique en Afrique après le Congo. Un avantage comparatif que n’a toujours pas pu transformer en avantages concurrentiels les quatre principaux organes de gestion de ce secteur. En effet, la production de l’énergie électrique au Cameroun est principalement gérée par l’Etat qui est en même temps co-propriétaire de nombreux actifs et régulateur du secteur.


Pour ce faire, celui-ci a repris le contrôle des barrages-réservoirs dans le cadre de l’avenant n° 1 conclu en 2006, dont la mission a été confiée à la société Electricity Development Corporation (EDC), une société à capital public, avec l’Etat comme actionnaire unique. Puis nous avons la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel), structure à capitaux publics qui s’occupe des ouvrages de transport de l’électricité, créée en octobre 2015. Ensuite l’Agence de Régulation du Secteur de l’Electricité qui régule l’activité entière et enfin Energy of Cameroon (Eneo), concessionnaire du service public d’électricité, qui est l’acteur privé principal dans la production et la commercialisation de l’énergie électrique. Eneo dispose d’une capacité de production installée d’environ 1100 MW, soit près 65% de production totale à travers un parc d’une quarantaine de centrales de production. Avec 74% de sa production de source hydraulique, le Cameroun a misé depuis des décennies sur ses eaux pour satisfaire la demande les consommateurs.

Apport du secteur privé




Il apparait urgent aujourd’hui de mettre de plus en plus à contribution les opérateurs privés dans le circuit de distribution de l’énergie au Cameroun, ce d’autant plus que certaines structures contribuent déjà à hauteur de 600 méga watts en matière de capacité installée au Cameroun, soit environ 38% en valeur relative. L’apport des géants tels que : Globeleq, le groupe anglais détenu à 100% par le fonds Actis qui a décidé de créer une filiale camerounaise, Globeleq Cameroon Management Services (GCMS) qui gère la centrale à gaz de Kribi, d’une capacité de 216 MW, et celle du mazout d’une capacité de 86 MW installée à Dibamba (Littoral). Par ailleurs, la société Gaz du Cameroun qui produit de l’électricité à base du gaz et qui la distribue aux entreprises. Filiale de la Victoria Oil and Gas, société basée à Londres, Gaz du Cameroun exploite le champ gazier de Logbaba dans une banlieue de la ville éponyme de Douala. Un appui substantiel du secteur privé qui, Malgré l’énorme potentiel énergétique dont dispose le pays, la production reste faible du fait d’un cadre réglementaire peu incitatif. Et selon une étude de la banque mondiale, 2/3 des entreprises camerounaises citent l’énergie comme une contrainte et évaluent leurs pertes liées à l’énergie électrique à environ 5% de leur production. D’où l’urgence d’une décentralisation tous azimut de ce secteur.


Brice Ngolzok

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