Libre-échange : L’ouverture est un impératif pour les pays de la CEEAC

Libre-échange : L’ouverture est un impératif pour les pays de la CEEAC

Classés au rang de mauvais élève en matière d’intégration régionale, les 11 pays de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale se doivent de promouvoir un peu plus le processus d’accélération de la ZLECAF pour espérer être sur la même longueur d’onde que les 44 autres Etats membres.

Le taux de croissance du PIB de la CEEAC est passé de 1,1% en 2017 à 2,2% en 2018. Un regain de croissance soutenu par un rebond sur le marché international, des prix des matières premières et particulièrement ceux du pétrole. Une embellie qui selon le rapport publié à Yaoundé par la BAD, lors d’une cérémonie de lancement officielle des perspectives économiques du continent, pourrait déboucher sur une hausse prévisionnelle de croissance du PIB réel de la zone Afrique centrale tablée à 3,6% en 2019 contre moins de 2,2% l’année précédente. Des chiffres pour le moins satisfaisants de la sous-région mais qui fait de la zone le mauvais élève de l’Afrique car la moyenne africaine du PIB par tête se situe à 3,5% en 2019. Au cœur de cette baisse se trouve le manque de compétitivité des économies de la sous-région qui sont moins aptes à s’adapter à l’ouverture.


Un manque de respect des principes relatifs à la gestion aux portes des Etats quant aux barrières douanières tarifaires et non-tarifaires. Des obstacles qui ne pourront pas s’améliorer avec la persistance de la pandémie da la Covid-19. Un déficit criard est donc observé dans les secteurs : des infrastructures de liaison entre les différents pays, des douanes à travers l’absence d’ouverture franche des barrières entre les Etats où prévaut encore de nombreuses taxes. Des tares qui, combinés à la faible diversification des économies de la zone, le manque de capital humain, la volatilité sécuritaire et l’instabilité politique de trois principaux pays (RCA, Tchad, RDC) sont de nature à gripper la croissance de la sous-région Afrique Centrale et partant de l’Afrique.
Des manquements qui pourraient selon la ZLECAF être compensés par une ouverture qui offre ainsi plusieurs avantages dans les échanges de la région mais aussi dans les Communautés Economiques Régionales à savoir :


L’extension d’une Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) sur un marché de 1,3 milliard de personnes, représentant un produit intérieur brut (PIB) de 2 500 milliards de dollars dans l’ensemble des 55 États membres de l’Union africaine. Du point de vue du nombre des pays participants, elle sera la plus grande zone de libre-échange du monde depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).


La ZLECAF est également un marché très dynamique. Selon les projections, l’Afrique comptera 2,5 milliards de personnes à l’horizon 2050, soit 26 % de la population mondiale en âge de travailler, et verra son économie croître deux fois plus rapidement que celle des pays développés. Avec des tarifs moyens de 6,1 %, les entreprises sont actuellement confrontées à des droits de douane plus élevés lorsqu’elles exportent en Afrique plutôt qu’en dehors du continent.


La ZLECAF éliminera progressivement les droits de douane sur le commerce intra-africain, ce qui permettra aux entreprises africaines de négocier plus facilement sur le continent, de répondre aux demandes du marché africain en pleine croissance et de profiter des avantages offerts par ce dernier. L’intégration du continent en une zone d’échanges commerciaux unique offre de grandes possibilités aux entreprises commerciales et aux consommateurs dans toute l’Afrique et permet d’assurer un développement durable dans la région la moins avancée du monde.

La Commission économique pour l’Afrique (CEA) estime que la ZLECAF pourrait accroître le commerce intra-africain de 52,3 % en éliminant les droits de douane à l’importation, et le doubler si les obstacles non tarifaires sont également réduits.

Brice Ngolzok

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