Tchad : La difficile équation de la relance politique et économique

Tchad : La difficile équation de la relance politique et économique

Dirigé depuis le 20 Avril 2021, par le fils du défunt président Idriss Déby Itno, le pays est politiquement à genou et économiquement sinistré.

Situé au cœur du continent africain, le Tchad s’étend sur une superficie de 1,3million de km2 pour une population d’environ 15,9 millions d’habitants. Depuis le départ tragique du maréchal président, la nation fait face à une guerre de succession au sommet de l’Etat. Une bataille qui fragilise l’establishment politique et creuse de nombreux écarts économiques.

Le chemin parsemé d’embuches d’une renaissance politique.

Avec la nomination ce jour d’un civil au poste de premier ministre du gouvernement de transition, le régime en poste à N’djamena lance un signal fort. Critiqué par la classe politique locale et une partie de la communauté internationale, les militaires semblent jouer la carte de l’apaisement. Surtout que Felix Tshisekedi president en exercice de Union Africaine lors de son discours aux obsèques   a appelé au retour à l’ordre constitutionnel.

Avec l’intronisation du fils à la place du père, le Tchad ressemble étrangement à une monarchie. Pour un retour en force de la république il faut impérativement ouvrir et assainir le champs politique.  Cela passe par un véritable multipartisme très loin de l’ère Deby qui matait et emprisonnait ses opposants politiques. Restaurer la constitution, qui est la boussole de la nation. Rétablir l’assemblée nationale, la maison d’expression des partis politiques. Le vrai combat politique selon Olivier BILE est  » Le démantèlement du parti d’État avec l’idéologie néocolonialiste qui a régné pendant trente ans.  «  incarné par un homme, son parti politique, le Mouvement Patriotique du Salut a gagné dans un climat controversé les six derrières élections présidentielles. Plusieurs fois renvoyées, les législatives doivent être organisées dans la transparence cette année. L’arrivée de nouveaux personnages politiques à l’hémicycle peut faire bouger les choses. Favoriser l’émergence d’une société civile forte et structurée pour niveler le landerneau politique tchadien.

Le Tchad et les chantiers de la reconstruction économique

« Je ne vous ai apporté ni or ni argent mais la liberté et la démocratie. » Disait Idriss Deby Itno quand il est arrivé au pouvoir. Trois décennies après, cette assertion continue d’être d’actualité. Car la santé économique du pays est préoccupante. Cinquième économie de la CEMAC (12 % du PIB total). L’économie tchadienne est largement dépendante de la production de pétrole (20 % du PIB et plus de 80 % des exportations de biens en 2019). Situation très problématique.

Au cours des dernières années, l’économie tchadienne a subi un double choc exogène : la montée de l’insécurité dans les pays voisins et la crise des matières premières en 2014. Après deux années de forte récession en 2016 et 2017 (respectivement -5,6 % et -2,4 %), le Tchad a renoué avec une croissance positive à partir de 2018 (+2,3 %) grâce à la remontée des cours et à un rebond de la production. Selon la direction générale du Trésor du ministère français de l’économie, des finances et de la relance,  » L’activité pétrolière devrait rester dynamique à moyen terme grâce à la mise en exploitation progressive de nouveaux gisements et de nouvelles techniques extractives ». Au diamant noir, il faut associer l’agriculture, le commerce transfrontalier des minerais, le développement des énergies solaire et éolienne, densifier les recherches sur les nouveaux marchés internationaux.

Thierry EDJEGUE

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