Tchad : Les rebelles donnent des insomnies à N'djamena

Tchad : Les rebelles donnent des insomnies à N'djamena

Le Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT) regroupe des officiers tchadiens dissidents, déserteurs et d’autres mercenaires tchadiens, qui livrent une bataille de libération autocratique du pays.

La vie politique du Tchad est marquée par une longue histoire de rébellion et de groupes armés. Insécurité et violences inouïes rythment le quotidien des populations qui ne savent plus à quel saint se vouer. Longtemps combattu par Idriss Deby Itno, son décès ouvre définitivement la boite de pandores au FACT.

 Le FACT est une arme de destruction massive.

Avec la mort du maréchal président et la mise en place d’un Conseil militaire de transition, le Fact menace d’attaquer la capitale. La trêve observée en fin de semaine derrière pour cause d’obsèques semble arriver à expiration. Rencontré par Madjiasra Nako correspondant de RFI, un de chef justifie le cessez le feu en ces termes  » Nous voulons donner une chance à ce que la transition soit apaisée, à ce qu’il n’y ait pas de désordre encore, nous n’avons aucun problème personnel avec Idriss Deby. Notre problème avec Idriss Deby est essentiellement politique et lorsqu’un homme décède, chaque être humain doit s’incliner devant sa depouille. »

Lourdement armé et bien équipé, le Fact dispose des moyens de sa politique pour déstabiliser le pays. Dr. Daniel Eizenga, de Research Fellow à l’Africa Center for Strategic Studies que BBC a interviewé sur la question déclare  » Ils semblent avoir reçu du soutien même si on ne sait pas exactement de qui à ce stade, mais étant donné leurs liens dans le Sud de la Libye, ils pourraient avoir été aidés par le général Khalifa Haftar, le commandant en chef de l’Armée nationale libyennne. » A cause de leur course folle pour le pouvoir ils   ont construit leur base dans les montagnes du Tibesti, qui sont à cheval entre le nord du Tchad et une partie du sud de la Libye. Pour Antoine Glaser expert rencontré par la BBC, cette proximité a permis au Fact de récupérer des armements de pointe :  « La Libye reste une armurerie à ciel ouvert, ils ont énormément d’équipement même très sophistiqué. Ils ont été cadeautés avec des armements très puissants » On peut aisément comprendre les injonctions des dirigeants du Fact à la gente militaire actuelle dont il ne reconnait pas la légitimité.

L’historique des rebelles et ses motivations

Le FACT serait né en 2016 d’une scission entre Mahamat Mahdi Ali et Mahamat Nouri, le chef historique de la rébellion tchadienne, qui dirigeait l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) créé en 2006. Leader autoproclamé des rebelles Mahamat Mahdi Ali a appartenu à différents groupes rebelles depuis les années 1990. Il est de l’ethnie Gorane du Kanem. L’évocation du nom Deby le met en colère. Selon Paul Simon Handy, analyse à l’institute for security studies  » Il y a une animosité certaine parce que quand Deby a pris le pouvoir, il a persécuté les Goranes. Plusieurs des membres de sa famille ont été exécutés. Pour lui, ça a été un moment fondateur dans sa décision de rejoindre les rébellions »

Soutenu par les trois principaux groupes rebelles tchadiens notamment, l’UFR (l’Union des forces de la résistance), l’UFDD (l’Union des forces pour la démocratie et le développement) et le CCSMR (Conseil de commandement militaire pour le salut de la République) le Fact est en marche pour N’djamena. Avec La France qui a réaffirmé son soutien au Tchad, l’issue s’annonce complexe pour le Fact en pleine démonstration de force.

Thierry EDJEGUE

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