Cameroun : Un multipartisme de façade pour un jeu pitoyable

Cameroun : Un multipartisme de façade pour un jeu pitoyable

Plus d’un quart de siècle après le retour au multipartisme, la scène politique camerounaise laisse à désirer. Un seul parti dicte sa loi.

Marqueur essentiel de la démocratie, le multipartisme au pays de Paul BIYA ressemble à une farce. Pour une population environ 25 millions d’habitants assise sur un territoire de 475442km2 avoir plus de 300 partis politiques semble être excessif quand on connait les missions et les objectifs d’une formation politique.

 Antagonisme entre le fond et la forme du multipartisme.

Le multiculturalisme a une grande histoire au Cameroun. Le retour au début des années 1990 est le signe du pluralisme politique. La nation fait son chemin et les acquis sont loin d’être prometteurs et satisfaisants.

Le chroniqueur politique Éric Boniface TCHOUAKEU affirme que :  « Si on prend le multipartisme camerounais on peut croire que cela est l’initiative de la vitalité de la scène mais il faut en douter. Car de mémoire de journaliste sur les 318 partis politiques existants je n’ai jamais vu 70 participer ou faire acte de candidature aux différentes élections, à peine une dizaine qui essayent d’avoir des activités régulières comme une formation normale. «  Difficile de ne pas lui donner raison quand on regarde le spectacle de mauvais goût auxquelles se livre certains leaders de partis politique. Dans son ouvrage intitulé <<Multipartisme et Démocratie au Cameroun : Les grandes occasions manquées pour l’alternance >> JH. TIEUGUE SEPO déclare :  » Une opposition qui au fil des ans sombre davantage dans les querelles et des égos pour ceux qui ne sont pas ouvertement joins au régime qu’ils pourfendaient pourtant au début.   » Maintenant que le vin est tiré il faut le boire.

Désordre, clientélisme et népotisme rythment le mouvement du multipartisme. Spectateur passif, la population semble ne plus y croire, elle est résignée. Martial BESSALA, militant du RDPC enfonce le clou en disant : « On se serait attendu que la scène soit plus revitalisée. Mais ils n’ont pas toujours joué leurs rôles même les plus basiques à savoir : participer aux échéances électorales pour conquérir le pouvoir, le conserver le cas échéant  » Visiblement les fruits n’ont pas toujours tenu la promesse des fleurs.

 Un système programmer pour échouer.

Après plus de trois décennies au sommet de l’État, tout le monde ou presque souhaite le départ de Paul BIYA. Lui-même semble s’y préparer s’il on s’en tient à son discours du 11 Février 2021. Seulement le multipartisme sensé implémenter ce changement s’y prend mal. Juste quelques partis politiques ratissent large. La preuve est le faible taux d’inscription des camerounais sur les listes électorales.  Enow Abraham Edge révélait que ELECAM a enregistré    20849 nouveaux inscrits pour le premier trimestre de l’année en cours.

Spécialiste des débats télévisés, l’opposition camerounaise est absence là où il faut. Absence d’union sacrée autour.

Un idéal politique pour le bonheur du peuple. Ce qui pousse l’historien Achille MBEMBE à la qualifié  » Une opposition imbécile qui ne sait pas faire masse. «  Le choc est plus grand quand la société civile se retrouve aux ordres des financeurs.

Thierry EDJEGUE

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